mercredi 24 novembre 2010


Amiante : la justice reconnaît la "faute inexcusable" de PSA-Peugeot-Citroën envers un salarié contaminé


Le tribunal des affaires de Sécurité sociale de Charleville-Mézières (Ardennes) a reconnu, mardi, la "faute inexcusable" de l'usine PSA-Peugeot-Citroën de Charleville vis-à-vis d'un ancien salarié contaminé par l'amiante, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Cette reconnaissance de la faute de l'employeur pourrait concerner prochainement plusieurs dizaines d'autres dossiers d'anciens salariés de l'usine, malades de l'amiante.

Le plaignant, Claude Huet, également président de l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva 08), avait travaillé pendant six ans à la fonderie de l'usine PSA située aux Ayvelles, dans la banlieue sud de Charleville-Mézières. Selon lui, sa maladie a été reconnue comme étant d'origine professionnelle et liée à l'amiante en juillet 2008, date à laquelle il a déposé une requête contre son ancien employeur.

"Le montant du préjudice n'a pas encore été fixé, mais il est en général égal à celui accordé par le Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante, à savoir 23 000 euros pour mon cas", a-t-il expliqué. "Maintenant que mon affaire est solutionnée, nous allons pouvoir déposer dans les semaines à venir une quarantaine de dossiers devant le tribunal de Charleville, dont deux qui concernent des personnes décédées", a poursuivi M. Huet.

La direction de l'usine des Ayvelles a indiqué "prendre acte de la décision du tribunal" en précisant que "depuis l'interdiction de l'amiante en 1997, le site ardennais de PSA a recensé les personnes exposées et établi un plan de surveillance médicale pour les accompagner". La fonderie de l'usine PSA-Peugeot-Citroën de Charleville, créée en 1974, emploie 2 400 personnes et produit chaque jour 209 tonnes de pièces en fonte et 295 tonnes de pièces en alliage d'aluminium. C'est le plus gros employeur privé de la région Champagne-Ardenne.

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