8 mars 2013
De nouvelles avancées sont nécessaires pour les femmes pas des reculs !
Il y a encore beaucoup à faire en matière
d’égalité salariale et professionnelle : les rémunérations brutes
annuelles des femmes sont inférieures de 27% à celles des hommes. Cet écart
s’explique notamment par les interruptions de carrière des femmes, par la non
reconnaissance de leurs compétences et qualifications dans les métiers où elles
sont principalement occupées et par le temps partiel. Le temps partiel concerne
majoritairement des femmes (82% soit 3,3 millions de femmes), et il est devenu
la norme dans certains métiers (la majorité des caissières, 76% des femmes de
ménages et des emplois de service à la personne. Caractérisé par des formes
d’emplois précaires et des horaires atypiques, décalés, morcelés, en complète
contradiction avec une articulation vie professionnelle/ vie personnelle, il
est aussi massivement mal rémunéré : les femmes représentent 80% des très
bas salaires, à temps partiel dans 74% des cas, avec des ressources inférieures
à 800 euros par mois avec les incidences que l’on connaît sur le niveau des
pensions. C’est un résultat qui ne doit rien au hasard : les dispositifs
d’allégements de cotisations sociales mis en œuvre à compter de 1992, et
renforcés en 1996, ont conduit à une accélération brutale du recours au temps
partiel, trop souvent subi.
Et l’accord du
11 janvier (entre le MEDEF, la CFDT, la CFTC et la CGC) ne règle rien : Le
seuil horaire de 24h est assorti de trop d’exceptions et de dérogations pour
être réellement appliqué d’autant qu’il n’était plus possible de négocier des
accords de temps partiel modulé depuis le 22 août 2008. L’ANI réintroduit de la
flexibilité, il la renforce et l’organise.
Or, tout ce qui
donne plus de latitudes aux entreprises pour licencier et accentue la
flexibilité pour les salariés touche encore plus les femmes, comme la
dégradation des services publics qui jouent un rôle essentiel pour mieux
articuler vie personnelle et professionnelle.
Pour la CGT il
est impossible que la loi reprenne cet accord tel quel car nous serions là en
régression sur la situation antérieure.
Depuis juin
2012 et la mise en place d’un gouvernement paritaire avec une ministre aux
droits des femmes, des avancées ont eu lieu. Il faut poursuivre vers plus de
droits pour les femmes et plus d’égalité.
Dans les
négociations en cours sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie au
travail, la CGT va continuer à porter ses exigences sur l’égalité
professionnelle, notamment renchérir le coût du travail à temps partiel en
majorant les cotisations des employeurs, en compensant la précarité des salariés
comme les autres « formes d’emploi précaires » et en renforçant leurs
droits sociaux mais aussi en faisant reconnaître les qualifications et
compétences par des classifications avec des évaluations justes des emplois.
L’implication
que mettent les femmes et les hommes dans le travail est le ressort principal
du développement économique. Cette implication dépend de la qualité des
conditions dans lesquels il s’exerce dans et autour de l‘entreprise. Elle
dépend aussi de la reconnaissance que la société lui accorde qui se traduit par
le montant des rémunérations, la sécurité des parcours professionnels et
l’égalité professionnelle et salariale.
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