dimanche 20 juillet 2014

L'ascensoriste Otis déclaré responsable du suicide d'un de ses salariés


 
Mis à jour le 17.07.14 à 19h10
Le tribunal des affaires de sécurité sociales (Tass) de Clermont-Ferrand a reconnu la «faute inexcusable» de la société de fabrication et de maintenance d’ascenseurs Otis, à la suite du suicide de l'un de ses salariés en 2009.

«Dans son délibéré, le tribunal reconnaît la faute inexcusable d'Otis qui était au courant du mal-être de ce salarié mais qui n'a rien fait pour le préserver», a déclaré à l'AFP Me Antoine Julié, qui défend la famille de cet employé décédé.

Fin septembre 2009, un technicien de Clermont-Ferrand âgé de 38 ans, s'était suicidé dans sa chambre d'hôtel en Ile-de-France, alors qu'il était en déplacement professionnel.

«Il passait 75% de son temps loin de sa famille alors qu'il ne l'avait pas sollicité. Il vivait très mal cette situation et en avait averti le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) d'Otis qui avait par la suite alerté la direction sur les risques encourus», a expliqué l'avocat.

Conséquence de cette condamnation, le Tass a ordonné «la majoration de rente attribuée au conjoint survivant» et décidé de lui allouer «la somme de 40.000 euros pour préjudice moral, ainsi que 20.000 euros à chacune de ses trois petites filles, une de trois ans et deux jumelles de un an», a-t-il encore précisé.

Toutefois, le numéro un mondial des ascensoristes ne supportera pas la charge financière de cette condamnation, «en raison du non respect par la Caisse primaire d'assurance maladie, qui avait reconnu ce suicide en accident du travail, de ses obligations d'informations envers l'employeur dans le cadre de la procédure d'instruction de la prise en charge de l'accident», a-t-il ajouté.

Otis est une filiale du groupe américain United Technologies Corporation et emploie dans le monde 62.000 employés, dont 53.000 hors des Etats-Unis.
© 2014 AFP

vendredi 18 juillet 2014

Indépendant dites vous ?

Schindler TOUR

Schindler organise son « Schindler TOUR » partout en France pour vous présenter ses nouvelles gammes qui n’auront pas fini de vous étonner.

Ici dans la version internet


Parmi les participants, triés sur le volet, la crème de la crème, les acteurs et collaborateurs indispensables de Schindler pour la promotion de la marque et des produits, quelle surprise de voir que lors de l'étape parisienne du 3 juillet au Pavillon Dauphine, M. LESAUVAGE soit present !

Ce monsieur est expert judiciaire "indépendant".
C'est ce monsieur qui fut nommé pour élucider la mort de notre collègue Xavier Goujon sur un appareil de type SMART.
C'est ce monsieur qui inventa toutes sortes d'hypothèses pour dire que Xavier était mort par sa propre faute.
C'est ce monsieur qui par ses déclarations à la barre du tribunal insulta la mémoire de Xavier et indignât l'ensemble de l'assistance.

Nous le savions proche de Schindler pour avoir écrit et prononcé de telles choses. Nous en avons la certitude aujourd'hui.









vendredi 20 juin 2014

Les cheminots suédois en lutte

Les Médias n'en parlent pas, mais pendant que les cheminots Français sont en grève, en Suède les cheminots entament leur deuxième semaine de grève ... contre l'opérateur français Véolia !

Face au désastre de la privatisation sauvage du rail en Grande-Bretagne, la Suède est montrée en modèle au sein de l'Union européenne d'une « libéralisation contrôlée ». La grève actuelle montre bien qu'on a affaire à un mythe, éclairant en ces temps de « réforme ferroviaire » en France.

On va avoir droit dans la presse aux poncifs sur la « culture du conflit » en France, idéologique et particulariste, face aux mythifiés pays nordiques où règne une « culture du compromis », empreinte de pragmatisme et d'intérêt général.

Manque de chance, au moment où le mouvement se construit en France contre la réforme ferroviaire, la Suède connaît une grève dans le secteur du rail qui paralyse déjà depuis deux semaines toute la partie méridionale du réseau et menace désormais de s'étendre à tout le pays.

De la casse des Chemins de fer suédois, à l'ouverture à la concurrence puis la
privatisation : un avertissement Le système ferroviaire suédois est semi-privatisé.

Tout a commencé en 1988 par la séparation de l'infrastructure confiée à BV (Rail national suédois) et maintenu dans le giron public, et un opérateur SJ (Chemins de fer suédois) public, fragmenté en 2001 en sept entreprises, une partie d'entre elles privatisées depuis.
Il a fallu néanmoins attendre 2010 pour que le gouvernement décide de mettre fin au monopole public de SJ sur le transfert de passagers intérieur.

Depuis 2010 : une série d'opérateurs privés ont fait leur apparition, comme la Deutsche Bahn allemande dans les lignes du nord ou le luxembourgeois CFL pour le fret à partir du Goteborg.

Toutefois, le principal investisseur reste le français Veolia qui s'est emparé en quelques années de plusieurs lignes de trains inter-régionaux (ex : Stockholm-Goteborg), des lignes trans-frontalières avec la Norvège ainsi que la majeure partie du réseau méridional suédois.
Véolia, enfer des cheminots suédois : le règne du contrat « zéro heure »

Quelle conséquence de cette introduction de la concurrence pour les salariés ?
La réponse vient du mouvement de grève lancé ce lundi 2 juin sur la « ligne sud » (Södra Stambanan) reliant Malmo à Linkoping, la 4ème plus importante en taille du pays, paralysant le trafic pour 75 000 passagers.

La mobilisation est partie de 250 travailleurs, allant des contrôleurs aux conducteurs de train : ce qu'ils reprochaient à Veolia, d'avoir résilié leur contrat à temps plein, avec droits garantis pour les ré-embaucher par la suite en contrat « zéro heure ».
Des contrats « zéro heure » qui, rappelons-le, permet à l'employeur de confier des tâches à la mission à un salarié, payé à la tâche … et bien sûr non-payé entre-temps, soumis à la volonté despotique de son patron. La précarité ultime.

Le syndicat réputé combatif SEKO (Syndicat des services et communications) dénonce cette situation et pose deux revendications :
• limiter le nombre de travailleurs temporaires autorisés à être utilisés dans l'année (maximum de 40 000 h),

• qu'une année d'emploi temporaire conduise à un recrutement en contrat stable.
Vers un élargissement de la mobilisation Ces revendications, pourtant modestes, ont pour l'instant reçu une fin de non-recevoir de la part de la confédération patronale ALMEGA et de l'entreprise française Veolia.

Le mouvement va entrer désormais dans sa deuxième semaine de grève, il devrait s'étendre : « Nos négociateurs n'ont pas avancé, donc nous devons étendre l'action et faire monter la mobilisation » a confié le dirigeant syndical Erik Sandberg au journal suédois The Local.

Des trains ont déjà cessé de circuler sur la ligne Malmo-Stockholm, le syndicat a annoncé son intention de lancer un mouvement de grève à Stockholm à partir du 20 juin, si il n'obtenait pas satisfaction, en pleine période de vacances estivales.
Le mouvement de grève qui impliquait à l'origine 250 salariés en touche à présent plus de 1 260.

70 % des Suédois favorables au retour au monopole public !
Certes, le patronat, la presse locale essaient de monter les usagers contre les cheminots utilisant l'argument économique (« 2 millions de pertes par jour »)… et celui éculé de l'écologie (la pollution causée par la hausse du trafic sur le port d'Oresund, si!).

Toutefois, cette campagne médiatique que nous connaissons si bien en France ne semble pas marcher en Suède. Car, bien que l'expérience soit courte, la dégradation du service est déjà sensible depuis l'ouverture à la concurrence.

Le système ferroviaire suédois, réputé pour être un des plus efficaces, fiables, égalitaires d'Europe, semble se déliter dangereusement : retards de plus en plus fréquents, hausse des tarifs, sous-investissement, inégalités entre régions.

Ainsi, les compte-rendus mettent en avant le soutien apporté par les usagers de Malmo, principale ville du sud du pays frappée par la grève, aux travailleurs en lutte.

Un sondage récent dans le quotidien suédois Dagens Nyheter montre même le haut niveau de conscience de la population suédoise, dépassant les mots d'ordre du syndicat des transports.

En effet, 70 % des Suédois se déclarent favorables à la ré-introduction du monopole public sur les chemins de fer. Un camouflet pour les partisans zélés de la privatisation du rail !
Serait-ce tabou de dire que les « réformes ferroviaires » de libéralisation-privatisation ont conduit à des échecs, qu'elles unissent cheminots et usagers dans la volonté de retour au monopole public ?

jeudi 19 juin 2014

Schindler a trouvé un accord avec Otis, règlement des litiges sur des brevets

Hergiswil/Farmington (Connecticut) - Schindler et Otis Elevator Company ont trouvé un accord qui règle leurs litiges juridiques relatifs à des brevets détenus par l'ascensoriste américain sur des courroies et des systèmes d'ascenseurs. Les modalités financières ne sont pas précisées, mais les frais de licences n'auront pas d'impact sur les résultats 2014 de Schindler, indique le communiqué publié mercredi.

L'accord concerne également les filiales des deux groupes. Il règle l'ensemble des litiges entre les deux parties aux Etats-Unis, en Europe et en Chine.

Otis avait déposé plusieurs plaintes contre Schindler concernant des brevets. L'accord signé avec Otis lui accorde désormais des licences sur ces systèmes.
jq/mm


(AWP / 18.06.2014 07h44)

mercredi 18 juin 2014

Je suis cheminot et voici pourquoi je suis en grève


Sylvain Bouard, cheminot

 

Le 11 juin 2014, les rames dorment à Bourg-en-Bresse (Sylvain Bouard)

« Oui, y a grève et on sait même pas pourquoi ! » cette remarque je la lis et l’entends quasiment systématiquement en cas de grève. Avec Internet, plus que jamais, il est facile de prendre la parole et d’expliquer ses choix personnels, voici donc pourquoi je suis en grève.
 
Making of
Nous avons déjà croisé Sylvain, pour établir son « porte-monnaie au rayon X ». Il est agent circulation à la SNCF à Bourg-en-Bresse, « passionné de chemin de fer, de photo et de nouvelles technologies ». Il a rédigé ce billet pour son blog, et nous a aimablement accordé l’autorisation de le reproduire. Nous l’avons légèrement édité et raccourci. Pascal Riché
La réforme ferroviaire présentée par le gouvernement part du constat (tout à fait exact, aucun cheminot n’en doute) que la séparation entre la SNCF et RFF en 1997 est un échec.
On nous explique donc que l’on va réunifier le système ferroviaire. Je vous vois déjà me dire :
« En 1997, vous étiez en grève contre la séparation et, dix-sept ans plus tard, vous êtes en grève contre la réunification. »
Vu de loin, je comprends que cela puisse étonner. Les syndicats appellent à la grève, car cette réunification n’en est pas une.
A l’heure actuelle, on a :
  • d’un côté RFF qui est propriétaire du réseau ;
  • la SNCF qui fait rouler ses trains.
On a donc deux entreprises avec deux lignes hiérarchiques différentes et donc les dissensions qui vont avec. Avec la réforme proposée, RFF devient l’entreprise « SNCF Infra » et la SNCF devient l’entreprise « SNCF Mobilité ». Ces deux entreprises se trouvent filiales d’une toute nouvelle entreprise nommée SNCF. Cette dernière est dotée d’un directoire et d’un conseil de surveillance.

L’empilement magnifique qui est censé tout simplifier (Capture)

Ce redécoupage, je n’en veux pas

On passe donc de deux lignes hiérarchiques à trois en nous expliquant que tout sera plus simple.
A part multiplier les postes d’encadrement et les heures de réunions entre tout ce petit monde, quelle utilité ? J’ai travaillé des années dans un grand groupe multinational, je peux vous dire où cela mène de multiplier les lignes hiérarchiques : la main droite ne sait plus ce que fait la main gauche, voire même travaille à défaire ce que fait la main gauche pour des raisons d’ego mal placé de certains dirigeants.

La suite sur Rue89