vendredi 18 avril 2014

Manuel Valls déclare la guerre à la Fonction publique territoriale

Après le verdict des urnes et la claque assenée au pouvoir en place, la nomination du Premier ministre la semaine dernière a constitué une véritable déclaration de guerre adressée par le président de la République au monde du travail.

Le nouveau chef du gouvernement poursuit la fuite en avant en lançant l’offensive en particulier contre la Fonction publique territoriale.

Des coupes supplémentaires de 10 milliards sont annoncées dans les dotations aux collectivités.

La réduction de moitié des régions est programmée d’ici 2017.

La suppression des conseils généraux est annoncée pour 2021.

Ces mesures ont pour objectif fondamental de réduire les dépenses publiques afin de baisser le niveau de la participation des entreprises et du capital au financement de notre modèle social, de ses services publics, de son système de protection sociale.

Manuel Valls reprend ainsi les vieilles recettes austéritaires de ses prédécesseurs Ayrault et Fillon. Déjà utilisées par Margaret Thatcher et plus récemment en Grèce, en Espagne et au Portugal, elles ont fait la preuve de leur inefficacité économique, de leurs effets dévastateurs pour la cohésion sociale et la situation des plus fragiles.

Couplées à la métropolisation, la réforme des régions et la suppression des conseils généraux affaiblissent la démocratie et le service public de proximité. Se poursuit ainsi le dessein si cher aux sociaux libéraux visant la construction d’une Europe fédérale, structurée en fonction des impératifs de la guerre économique mondialisée.

Une fois de plus, personnels et usagers sont placés autoritairement devant le fait accompli. Ils feront une fois encore les frais de réformes dont la seule visée est financière, au détriment des besoins de service public et des conditions d’emploi des agents.

L’heure est donc à la mobilisation la plus large possible de tou-te-s celles et ceux qui refusent cette régression en termes de démocratie, de service public, de vivre ensemble.

La marche du 12 avril contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses, constitue une première étape importante en ce sens. La Fédération CGT des Services publics renouvelle son appel à investir fortement cette initiative.

Elle appelle également ses adhérents, et plus largement les personnels territoriaux, à agir massivement le 1er mai dans les manifestations interprofessionnelles et le 15 mai lors de la journée d’action pour les salaires et l’emploi dans la Fonction publique à l’appel des organisations CGT, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, CFDT et FA-FPT.

mercredi 16 avril 2014

PACTE DE RESPONSABILITÉ BRADERIE DE LA BRANCHE FAMILLE

En 1945, le Conseil National de la Résistance a créé la Sécurité sociale pour assurer le bien-être de tous, de la naissance à la mort. Ainsi, la branche famille fait partie intégrante de la Sécurité sociale depuis sa création. Elle est financée par une cotisation employeur sur nos salaires : elle est partie intégrante du salaire socialisé.

C’est quoi le salaire socialisé ? C’est le fruit de notre travail, c’est-à-dire le salaire brut de notre fiche de paye plus les cotisations dites employeur.

Le salaire socialisé sert à couvrir l’ensemble des risques sociaux, maladie, vieillesse, décès, invalidité, accident de travail et à financer les allocations familiales.

Le salaire socialisé, c’est la garantie d’une couverture sociale, quel que soit notre niveau de revenu. C’est la solidarité entre malades et bien portants, c’est la solidarité intergénérationnelle.

Le gouvernement propose que d’ici 2017, les employeurs soient exonérés totalement des cotisations allocations familiales.

Quel cadeau au Medef, sans aucune contrepartie !

C’est un holdup sur nos salaires.

Qui va financer la politique familiale : l’impôt et la TVA ?

Le Medef ne s’est engagé sur aucune création d’emplois, ni augmentation de salaires, ni investissement. C’est un cadeau qui aura de graves conséquences.

Si la branche famille est financée par le budget de l’État, elle n’aura plus de recettes affectées. La politique familiale sera dépendante des décisions du gouvernement, au même titre que la politique militaire.

Quel avenir pour les 34 000 salariés de la branche famille, quand on sait que le pacte de responsabilité prévoit une baisse de 50 milliards de dépenses publiques, soit des milliers d’emplois qui vont disparaître.

Quel avenir de l’action sociale dans la branche famille ?

Le pacte de responsabilité a été rejeté par une majorité des organisations syndicales. Seules la CFDT et la CFTC l’ont paraphé. Il est donc minoritaire. Il ne doit pas s’appliquer !

Faisons-nous entendre avant qu’il soit présenté au Parlement.

lundi 14 avril 2014

Sécurité sociale, un terrible retour en arrière

C’est à un recul de plus de 70 ans auquel voudraient nous contraindre le Medef et le gouvernement. Un retour à la situation d’avant les ordonnances de 1945 pour être plus précis. Au pillage des ressources de la famille, par la quasi suppression des cotisations familiales, le Président de la République ajoute le pillage des ressources de l’assurance maladie et de la retraite.

« Au pacte de responsabilité, doit correspondre un pacte de solidarité dont le premier pilier est l'éducation, et la formation de la jeunesse ; le second, c'est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé ; et le troisième, c'est le pouvoir d'achat avec une réduction des impôts des Français et une baisse des cotisations payées par les salariés »… Ainsi s'exprimait le Président de la République lors de son intervention télévisée du lundi 31 mars 2014.

Non, le Président de la République n’a pas entendu les salariés qui ont manifesté le 18 mars. Non, il n’a pas entendu tous ces électeurs dépités par les renoncements de ce gouvernement par son allégeance affichée au Medef.

Dès le 31 mars 2014, il franchit une nouvelle étape dans sa volonté de détruire notre Sécurité sociale.

En s’attaquant au financement par les cotisations salariales il décide de revenir au début du 20ème siècle.

A une époque où les salariés et leur famille, confrontés à la maladie, trop âgés pour travailler devaient s’en remettre à la charité. Si en 1944, le Conseil National de la Résistance décide de créer la Sécurité sociale, financée par les cotisations des salariés, c’est bien parce que le système des assurances sociales et la retraite ouvrière et paysanne étaient en échec.

Présenter aux salariés la réduction de leur cotisation sociale comme un moyen d’augmenter leur salaire net relève de la supercherie. En effet, ces cotisations représentent une partie du salaire, « socialisé », c'est-à-dire mis dans le pot commun de la sécurité sociale, pour permettre dans le cadre de la solidarité intergénérationnelle, à chacun de prendre sa  retraite, de se soigner lui et sa famille, d’élever ses enfants.

Si le gouvernement réduit cette partie « socialisée », le budget de la Sécurité sociale va en être immédiatement affecté.

Ces cotisations prélevées sur les salaires ne sont pas placées en bourse. Elles ne vont pas dans la poche des actionnaires. La partie consacrée à la gestion du système est infime (moins de 4% des sommes collectées). Ces cotisations sont immédiatement utilisées, pour la maladie, les prestations familiales, les pensions des retraités.

Ce salarié qui aura vu, provisoirement, son salaire net augmenté de 60 ou 70 euros le regrettera vite.

Moins d’argent dans les caisses de la sécurité sociale provoquera une nouvelle baisse des prises en charge par l’assurance maladie ou une nouvelle baisse des pensions. Dans tous les cas, si ce salarié veut se soigner ou bénéficier d’une retraite convenable il devra prendre une ou des assurances complémentaires et sur-complémentaires. Les 60 euros qu’il aura gagnés n’y suffiront pas.

Ce que le gouvernement aura donné d’une main aux salariés, le Medef le reprendra au centuple par le biais des compagnies d’assurance et de leurs actionnaires.

Il s’agit d’un vol en bande organisée. Les chefs de bande s’appellent Hollande et Gattaz.

Ne laissons pas dépouiller notre Sécurité sociale

jeudi 10 avril 2014

Schindler relaxée, M. Laville condamné !


écrit par  le collectif  CGT Schindler Ile de France  le 10/04/2014

Le Tribunal Pénal de Meaux a rendu son délibéré dans l'affaire de l'accident mortel de Xavier Goujon.

La société Schindler SA est relaxée;

M. LAVILLE ex directeur de SACAMAS est condamné à 3 mois de prison avec sursis, a payer 1€ symbolique à la famille et 1€ symbolique au syndicat CGT Schindler île de France;

M. LAVILLE est également condamné a verser 1200€ à la famille et 1200€ au syndicat CGT Schindler île de France.

Le patronat entendu et servi

Discours du Premier ministre

Après la sanction infligée à la politique conduite par François Hollande et le gouvernement Ayrault, les salariés attendaient un discours répondant à leurs préoccupations. Ce n’est pas le cas. 
Le Premier ministre s’inscrit dans les orientations précédentes et amplifie encore les mesures qui s’opposent à une relance économique et sociale en France. Il confirme et aggrave l’offensive lancée contre le travail. Dire que le pays ne pourra se redresser qu’en baissant massivement le « coût du travail » nous précipite un peu plus dans la crise.

Le patronat a été entendu et servi. 

Le Premier ministre confirme l’austérité salariale dans le public comme dans le privé. Il annonce de façon précise de nouveaux milliards d’euros d’aides aux entreprises, encore une fois sans aucun contrôle ni engagement en termes d’emplois et de salaires. Le plan d’économie dans les finances publiques est synonyme d’une baisse des capacités publiques d’intervention sociale et économique, et d’une réduction des services publics et de leurs missions.

Le transfert d’une partie des cotisations sociales vers la fiscalité au prétexte d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés modestes est un leurre. C’est une baisse supplémentaire de la rémunération du travail. « Zéro charges » pour les salaires payés au SMIC, c’est condamner des millions de salariés aux bas salaires.

Le salaire, c’est ce qu’il y a en haut de la feuille de paie, c’est ce qu’on appelle le salaire brut. Une partie est mutualisée pour financer les aléas de la vie, le vivre ensemble, notre politique de santé et de solidarité, l’autre partie est versée directement, le salaire net. Augmenter le bas de la feuille de paie sans augmenter le haut, c’est moins de sécurité sociale.

La CGT portera vendredi prochain, lors de sa rencontre avec le Premier ministre, les revendications des salariés. Répondre aux aspirations des salariés et du monde du travail, c’est la condition pour sortir notre pays de la crise.

La CGT appelle les salariés à ne pas se laisser faire et à manifester le 1er mai 2014.

Montreuil, le 8 avril 2014

lundi 7 avril 2014

Salaire minimum en Allemagne


Une avancée contre la mise en concurrence des salariés
A la veille d’une journée d’action des syndicats européens pour exiger la mise en place d’un véritable plan d’investissement des pays de l’Union, ainsi que l’accès des chômeurs à un travail de qualité et à un revenu minimum pour tous et partout, la CGT voit d’un oeil encourageant la décision du gouvernement allemand d’instaurer un salaire minimum dans tout le pays, d’ici 2017.

A partir du 1er janvier 2015, les accords précédemment signés dans les branches se verront progressivement substitués par l’application de cette mesure. Fixé à 8,50 euros brut de l’heure, soit 1,03 euro inférieur au Smic horaire français, il n’en demeure pas moins une avancée pour des millions de salariés allemands.

Pour la CGT, l’instauration d’un salaire minimum en Allemagne renforce l’exigence de sa généralisation à tous les pays européens, et remet ainsi en cause le dumping social et la progression du chômage en Europe et ses conséquences sur le niveau de pauvreté, de précarité et d’exclusion.

La CGT déplore que le jour même où des mesures sont prises pour ouvrir des droits nouveaux aux travailleurs allemands, l’ancien patron de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Pascal Lamy, proche du Président François Hollande, ose réclamer « d’aller vers davantage de flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au smic » pour s’attaquer au chômage. Ce « conseil amical » au gouvernement fraîchement remanié ressemble de très près à ce que les mobilisations des jeunes, étudiants, salariés ont repoussé, en 1993 contre le CIP et en 2006 contre le CPE.

A mauvais diagnostic, mauvais remède. Les politiques d’austérité salariale ont montré leur nocivité sociale et leur inefficacité économique. Pour créer des emplois, la croissance est indispensable. Et pour que la croissance reparte, il faut augmenter les salaires et les pensions.

Le problème des entreprises, ce n’est pas la concurrence en Europe : c’est l’absence de coopération et de politique d’investissement. A cet égard, l’ensemble des syndicats européens fait des propositions chiffrées pour consacrer 2% du PIB européen pendant dix ans, à la relance de l’investissement industriel.

La CGT appelle tous les salariés, les privés d’emploi et les retraités à se mobiliser, partout en France, le 1er mai prochain, et dans le cadre de la Journée d’action européenne, ce vendredi 4 avril, afin d’exiger une croissance durable, des emplois de qualité, et la mise en oeuvre d’un plan d’investissement tournant le dos aux politiques d’austérité qui conduisent à davantage de récession et au désastre économique et social.

Montreuil, le 3 avril 2014