mardi 16 septembre 2014

Spécial cadres N°6

Nouveau support d'évaluation des managers :
Encore plus de pressions pour les cadres !

écrit par  le collectif  CGT Schindler France  le 15/09/2014

L’Instance de Coordination des CHSCT de l’entreprise a demandé à un cabinet d’expert d’analyser ce projet de nouveau support d’évaluation des managers. Le résultat est sans appel : ordres contradictoires, notations infantilisantes et dévalorisantes, mise en concurrences entre eux, risque sanitaires majeurs, exclusions des plus « inadaptés », etc. Chaque responsable d’équipes, DR, DAR, RAS, RM, sera formé en une séance d’une heure en e-learning pour diriger un entretien d’évaluation. En plus de cette « formation », il pourra s’aider du « guide du Leadership Schindler »

Ce que nous apprend le rapport d’expertise

Les cadres sont aujourd’hui soumis à une charge de travail très importante incompatible avec le temps de travail. En plus de la journée au bureau tous travaillent à la maison, jusqu'à une heure avancée de la soirée et même en vacances. La direction nie en bloc cet état de fait.

Les cadres sont soumis à d’autres dimensions génératrices de mal être au travail. Les exigences émotionnelles qui les obligent à devoir cacher leurs émotions et la peur au travail. Cette fausse autonomie déclarée alors qu’il faut nourrir SAP et le siège de données inutiles. Ces relations au travail qui doivent être formatées, où il faut à la fois être « chef » et collègue en même temps.

Ce qui prédomine surtout c’est la peur du lendemain. La peur du licenciement, qui entraînerait la perte du salaire, de la voiture, des primes, fait accepter cette situation qui pourtant détruit la santé physique et mentale ou la famille. Parfois les deux.

Ce dispositif d’évaluation de la performance de Schindler est facteur de risques professionnels car :

● Il invite les personnes à se dépasser sans cesse au point de les faire basculer dans des pathologies de surcharge.
● Il peut provoquer, par un langage inadapté, des réactions émotionnelles extrêmement fortes et qui peuvent conduire à la décompensation psychopathologique.
● Il adresse aux responsables des demandes paradoxales (en restreignant leur autonomie et en leur demandant d’être souple et flexible).
● Il détériore les rapports sociaux et les relations de travail en exacerbant les situations de concurrence entre personnes.
● Il pousse certains managers à s’engager dans des actions qu’ils réprouvent (annoncer à un collaborateur qu’il est « inadapté » par exemple).
● Il fait douter les salariés quant à leur avenir professionnel en remettant sans cesse en cause leurs compétences (insécurité de l’emploi).

Nous publions ici les éléments de synthèse de l'enquête. Le rapport d'expertise peut être consulté en intégralité sur le site de la CGT Schindler

Ce système d’évaluation risque de majorer le sentiment d’insécurité au travail déjà perceptible dans l’entreprise suite aux récents changements d’organisation. En ce sens, c’est un facteur aggravant de risque psycho-social. Les salariés devront mobiliser des ressources supplémentaires pour lutter contre la peur de « tomber » dans les niveaux 1 ou 2. Ils le feront en renforçant des stratégies que nous avons identifiées au sein de l’entreprise : s’autocensurer, donner le change, ne pas montrer que « l’on est faible ». Ces stratégies ne protègent qu’un temps et risquent à terme d’altérer leur santé.
Nous voulons ici rappeler que la santé des salariés est en général préservée si leur contribution à l’effort commun pour atteindre les résultats attendus est reconnue. Cela suppose que le système d’évaluation soit juste et équitable.

Par ailleurs, le dispositif d’évaluation tel que nous l’avons analysé représente au moins 4 risques majeurs de pathologies à savoir :
Les pathologies post-traumatiques
Elles peuvent émerger suite notamment à l’annonce d’une « mauvaise nouvelle» (positionnement au niveau 1 par exemple) : sentiments d’amertume, de rancune, d’impuissance, etc. Classiquement, on décrit comme traumatisme tout événement de vie intense face auquel une personne est dans l’incapacité de s’adapter du fait de l’intensité des excitations ressenties, réelles ou perçues. Nous rappelons par ailleurs que les pathologies post-traumatiques ne sont pas uniquement consécutives aux agressions physiques. S’entendre dire qu’on est « inadapté » peut tout à fait constituer un choc violent pour certaines personnes et les mener à la décompensation.

Les pathologies de la solitude consécutives à la fragilisation du collectif de travail
Nous avons démontré que le désir d’être positionné au niveau 5 pouvait encourager les conduites déloyales et une certaine forme de compétition entre les salariés. À terme, c’est le collectif de travail qui s’en trouvera fragilisé avec en corollaire l’absence de communication entre collègues.

Les pathologies cognitives

Les injonctions paradoxales et le brouillage de certains repères (un objectif doit être dépassé) peut conduire la personne à douter de ses propres capacités à percevoir justement les choses, à distinguer le vrai du faux, le travail de qualité du travail mal fait. Les pathologies cognitives se présentent sous la forme de troubles du jugement, de régressions à des formes de raisonnement infantiles, de troubles de la mémoire, d’altération du rapport au temps et à l’espace (désorientation spatiale par exemple).

Les pathologies de la surcharge

Vouloir à tout prix être identifié comme un cadre exemplaire (niveau 5) peut mener certains salariés à travailler beaucoup plus qu’ils ne le font actuellement. Ceux pour qui l’évaluation représente un espoir de reconnaissance pourraient décupler leurs efforts. Pour ceux-là, nous pointons un risque de surcharge du fonctionnement psychologique et cognitif pouvant entraîner des décompensations psychiques : peur de ne pas y arriver, anxiété larvée, repli sur soi, etc.) et somatiques : troubles musculosquelettiques, accidents cardio-vasculaires connus aussi sous le nom de Karôshi lorsque l’issue est fatale.


Schindler utilise les mêmes organisations du travail pour asservir ses cadres que les autres grandes entreprises. Les cadres jugés plus faible seront « éliminés ». Seul compte l’engagement total du cadre dans les préceptes Schindler. Les entretiens individuels spécial managers vont débuter, ne restez pas seul face à cette nouvelle pression patronale !

SYNDIQUEZ VOUS À LA CGT !

dimanche 14 septembre 2014

CHEF D’OEUVRE EN PERIL !

Telles les statues grecques non entretenues, l’œuvre accomplie s’effrite au gré du vent et de la pluie. Les coups de butoirs du patronat et l’incurie des politiques, au pouvoir hier et aujourd’hui, abiment la construction sociale et économique édifiée par le Conseil National de la Résistance et des luttes. A la tombée de la nuit les statues, ainsi déformées, prennent même les traits hideux de la bête immonde représentée par le Front National.

Les travailleurs d’aujourd’hui, de l’ouvrier à l’ingénieur, sont les héritiers du CNR. C’est avec eux que nous pouvons redonner de l’allure à la statue France.

Pour la CGT, il n’y a pas d’autre chemin que la mobilisation sur la base des revendications
sociales, économiques, de démocratie et de paix. En cette rentrée, la CGT propose un premier rendez-vous social aux salariés le 16 octobre, avec une journée nationale de mobilisations et d’actions. Donner de la tonalité et de la visibilité autour d’une grande initiative à Paris et ainsi percer le mur du silence médiatique en redonnant la parole collective aux salariés(es) du pays.

Dans la Métallurgie, nous allons préparer ce temps fort de convergences en conjuguant nos
propres objectifs avec ceux des autres branches professionnelles, des chômeurs et des retraités(es).

Le salon de l’Automobile où le 16 octobre les travailleurs viendront pour affirmer :
« L’Automobile C’EST NOUS ! » mais aussi pour revendiquer de meilleurs salaires, une autre organisation du travail et l’ouverture des bureaux d’embauche.

Les travailleurs des Services de l’Auto, eux, seront le 15 octobre devant leur Chambre Patronale pour revendiquer.

Les retraités(es), le 30 septembre, seront dans les rues de France pour de meilleures pensions.

Ce sont à tous les travailleurs que la CGT METALLURGIE va proposer de signer la pétition portant les exigences revendicatives notamment « salaires et classifications ».

La Direction Fédérale, réunie le 4 septembre, appelle toutes les organisations à se réunir pour établir les plans de travail et organiser le déploiement de tous les syndiqués(es) vers leurs collègues de travail et à donner de la visibilité aux actions.

Chacun et chacune va compter pour ouvrir une perspective, Sociale et Économique, d’Avenir.

Ensemble pour de nouvelles conquêtes

samedi 13 septembre 2014

Dialogue social vu par le gouvernement et le MEDEF

« On écarte ceux qui ne sont pas d’accord avec nous » !
Le Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social a organisé une réunion le mercredi 10 septembre, avec 300 représentants des organisations syndicales et patronales des 50 principales branches, pour faire un point sur les négociations sur la mise en œuvre du pacte de responsabilité.

L’objectif affiché était de mobiliser, d’ici 2017, le patronat pour l’emploi, au regard des cadeaux faits pour soit disant améliorer la compétitivité des entreprises.

Jusqu’alors, seules les branches métallurgie et chimie ont engagé des négociations sur le pacte de responsabilité et son impact sur l’emploi. Pourtant, la Fédération de la Métallurgie CGT a été écartée de l’une des tables rondes organisée sur ce sujet.

Faut-il le rappeler, la CGT est la première organisation syndicale représentative de la branche avec 31,27% de salariés qui lui apportent leur confiance lors des élections professionnelles. C’est une remise en cause de la représentation syndicale qui révèle une volonté de refuser le dialogue et une véritable négociation.

Il est évident que le Ministère du Travail, avec la complicité du MEDEF, dont le Secrétaire Général de l’UIMM est le numéro 2, ne veut pas de débat contradictoire à sa politique de distribution de l’argent public aux entreprises sans aucune contrepartie.

Depuis le début, la CGT a contesté ce pacte de responsabilité issu d’un relevé de discussion établi avec deux organisations minoritaires.

Alors que près de 215 milliards d’aides publiques, à travers 4 500 mesures diverses, sont distribués aux entreprises chaque année, le chômage progresse de 5% par an. La France compte aujourd’hui, 5 millions de salariés privés d’emploi.

Force est de constater, que ces aides ne profitent ni à l’emploi, ni à la relance par l’investissement, mais aux marges et dividendes des entreprises.

Malgré les 4 milliards de fonds publics pour les entreprises de la Métallurgie, l’UIMM, ne cache pas qu’il n’y aura pas de créations d’emplois.

Une étude prospective dans la branche de la métallurgie estime que d’ici 2017, 6000 emplois pourraient être sauvés (au mieux) avec 10 milliards d’euros d’aides supplémentaires. D’ici 2020, ce sont 21 milliards d’euros d’aides prévus pour « sauver » 18 000 emplois, voire 30 000 d’ici 2025. A contrario, durant cette période 2014- 2025, l’UIMM prévoit une perte globale de 200 000 emplois supplémentaires dans la branche. L’emploi n’est donc pas le souci du patronat contrairement à ses dires.

Au-delà du constat et des discours, le Ministre du Travail et le patronat de la Métallurgie ne souhaitent pas une véritable négociation pour résoudre les questions d’emplois, de formation, de relance de l’activité industrielle par l’investissement et la recherche.

Si la CGT dérange à ce point, c’est que parmi les salariés des entreprises, le mécontentement et le refus de cette logique dominent. Cette mise à l’écart de la CGT souligne, encore une fois, les limites du dialogue social sans l’intervention des salariés.

La Fédération de la Métallurgie CGT a décidé de faire du 16 Octobre 2014, une journée de mobilisation, d’arrêts de travail dans les entreprises pour permettre aux salariés de se faire entendre, exprimer leurs attentes et revendications concernant l’emploi, les salaires, le financement de la protection sociale.

vendredi 12 septembre 2014

Temps de travail : une guerre de cent ans



Ce n’est pas d’hier que la CGT et son Ugict mènent bataille sur tous les aspects de la question du temps de travail. Que ce soit pour obtenir et pérenniser les étapes successives d’une réduction généralisée, contre l’élargissement des ouvertures dominicales, contre les dérogations au travail de nuit des femmes.

Aussi, la campagne que la CGT des cadres, ingénieurs, techniciens et agents de maîtrise a lancée la semaine dernière pour obtenir un droit à la déconnexion et une réduction effective du temps de travail est une nouvelle étape dans un conflit permanent d’intérêts antagonistes.

Temps de travailNous n’avons pas choisi la facilité en nous contentant d’exiger un droit à la déconnexion. En effet, sur cette question, on peut déjà voir que le patronat ne compte pas rester inactif. Il est tenté de circonscrire la question à de simples gadgets tels que des coupures de serveurs hors des heures de bureau ou à des codes de bonne conduite. Nécessaire, mais de loin pas suffisant.

D’ailleurs il suffit de lire le Figaro en date du lancement de notre campagne pour voir que « les entreprises cherchent à déconnecter leurs cadres accros à leurs smartphones ».

Tirer le fil rouge du temps de travail, c’est très vite se poser la question de la santé, du stress, des limites entre la vie professionnelle et la sphère intime. C’est aussi remettre en question l’organisation du travail et le management pathogène. Réduire le temps de travail, c’est aussi poser la question de l’emploi si l’on songe que mettre les salariés forfaités à la moyenne des heures travaillées des autres salariés permettrait de créer 530 000 emplois. De même, si on remettait tous les travailleurs aux 35 heures, on pourrait libérer 2,7 millions d’empois.

Et puis c’est aussi poser la question des salaires lorsque l’on sait par exemple qu’un technicien sur deux affirme que les heures supplémentaires effectuées ne lui sont ni payées, ni récupérées.

Rapporter le temps de travail effectif des salariés qualifiés et en responsabilité à leur salaire permet aussi de mesurer combien qualifications, compétences et responsabilités sont sous payées et mal reconnues.

mercredi 10 septembre 2014

La CGT demande un droit à la déconnexion pour les cadres

http://www.lesechos.fr/journal20140905/lec1_france/0203748521433-la-cgt-demande-un-droit-a-la-deconnexion-pour-les-cadres-1039444.php

Le syndicat réclame des négociations sur le sujet. 
 
Le titre, en majuscules, est alléchant : « URGENT : A FAIRE POUR DEMAIN. » Le contenu surprend : « Si vous lisez ce mail entre 21 heures et 6 heures du matin, il ne faut pas vous étonner d’avoir des problèmes de couple. » A l’heure où la polémique sur les 35 heures resurgit, l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT a choisi de manier l’humour pour la campagne pour un « droit à la déconnexion et une réduction effective du temps de travail » qu’elle a présentée hier à la presse. 


« 75 % des cadres utilisent leurs outils numériques pour des raisons professionnelles sur leur temps libre, et leur temps de travail moyen est de 44 heures par semaine, en hausse par rapport à 2013 », a noté Marie-José Kotlicki. La secrétaire générale de l’organisation des cadres CGT a défendu une « maîtrise du temps de travail et des nouvelles technologies de l’information et de la communication [NTIC]  ». «  Nous ne sommes pas contre les NTIC, c’est un outil d’autonomie et d’efficacité, notre bataille est de permettre aux ingénieurs, cadres et techniciens de maîtriser leur temps de travail », a précisé la numéro deux de l’Ugict, Sophie Binet, membre du bureau confédéral de la CGT. 

La centrale veut intégrer la question de l’usage des nouvelles technologies parmi les thématiques à négocier obligatoirement dans les entreprises, pour « trouver au cas par cas des solutions ». Elle cite les « exemples probants qui viennent d’Allemagne, chez BMW, Volks­wagen et Daimler », regrettant qu’en France le sujet « soit dans un angle mort »

Après l’obligation faite par l’Europe à la France d’encadrer davantage les forfaits en jours qui a conduit à l’invalidation par la justice de nombreux accords de branche sur le sujet, la CGT compte pousser son avantage juridique. Sa campagne ne s’adresse pas qu’aux salariés. Hier, Sophie Binet a lancé « un petit message d’alerte au patronat » : « Il faut que les entreprises prennent les devants, sinon on va amplifier, multiplier les recours juridiques. »
Leïla de Comarmond, Les Echos