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mardi 28 mai 2013

PAR ICI LA SORTIE… MON SENIOR


Qu’est-ce qui peut pousser un salarié de 58 à 60 ans à mettre fin à son précieux CDI et à signer une rupture conventionnelle ? Cette question mérite d’être posée alors que nous sommes au cœur de la tourmente en matière d’emploi. Instaurée en 2008, mais combattue par la CGT, cette mesure de l’ère Sarkozy n’a subi aucune modification et encore moins d’abrogation dans le cadre des négociations puis du débat de la loi sur la sécurisation du marché du travail, alors que pourtant sa première vertu c’est justement de sécuriser le licenciement au seul bénéfice de l’employeur.
Avec une étude du ministère du Travail publiée le 24 mai, on voit aussi que cette mesure est aussi un bon moyen de pousser les seniors vers la sortie. C’est ainsi, nous dit cette étude, que chez les salariés de 58 à 60 ans, la part des ruptures est en moyenne de 26%, soit 10% de plus que la moyenne des salariés. Vantée par ses promoteurs comme une mesure de pacification, la rupture conventionnelle a touché plus d’un million de salariés depuis sa mise en route au rythme moyen de près de 27000 personnes par mois en 2012. Or, note la DARES, dans cette étude il est "vraisemblable qu'un certain nombre de ces salariés ne parviendront pas à trouver un nouvel emploi" avant leur retraite "mais pourront dans un certain nombre de cas être indemnisés par l'assurance chômage" d'ici là. On l’a compris, notre pays a toutes les chances de rester le mauvais élève de la classe pour ce qui est de l’emploi des seniors. C’est d’autant plus grave qu’une nouvelle fois la réforme des retraites qui se profile et dont le chantier va être lancé lors de la conférence sociale des 20 et 21 juin et que les pistes avancées sont encore d’allonger la durée de cotisation alors qu’on termine souvent sa carrière en chômage, qu’on la commence plus tardivement et dans la précarité prolongée. Le patronat continue de pousser les salariés qualifiés vers la sortie pour les remplacer par des jeunes de plus en plus précarisés, mais de mieux en mieux formés.
Ce faisant, il épuise les régimes de protection sociale car bien sûr, ces seniors chômeurs ne vont pas cotiser pour leur retraite affaiblissant du même coup leur future pension. Et quand ils ont la chance de trouver un emploi, ils doivent en rabattre sur leurs ambitions et accepter des salaires de débutants ou s’insérer dans des formules d’emplois aidés.
Tant que l’emploi des seniors sera au ras des pâquerettes, et qu’il continuera d’être une variable d’ajustement, l’allongement de la durée de cotisation n’aura d’autre effet que de faire baisser dangereusement le niveau des pension.

mardi 23 avril 2013

THE YEAR AFTER



Voici un an, le 22 avril 2012, le premier tour de l’élection présidentielle créait les conditions d’une rupture avec des années de régression sociale pour nous écarter du cap régressif que Sarkozy comptait bien tenir. Le 6 mai, cela fera un an que celui qui avait fait du « changement maintenant » le slogan de sa campagne a accédé au pouvoir. Il a depuis toutes les cartes en main au Sénat comme au palais Bourbon et dans la plupart des régions afin de conduire les changements économiques et sociaux.
Pourtant, un an après, François Hollande est au plus bas dans les sondages. Bien évidemment, les commentateurs trouveront dans l’affaire Cahuzac une explication à cette dégringolade. Mais attention aux sondages et surtout aux questions que l’on pose dans ces enquêtes. C’est bien sur fond de crise, d’austérité, d’inquiétudes pour l’emploi, de peur de déclassement social que se fonde le désarroi, le désenchantement, pour ne pas dire une sourde colère.
Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, ce n’est pas parce que les temps sont durs pour tout le monde, mais bien parce que ce gouvernement n’a pas pris un cap très différent de tous ceux qui en Europe justifient l’austérité alors que de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui, même au FMI, de manière un rien hypocrite, pour dire que l’austérité nourrit la crise.
Si la CGT pouvait se féliciter en juillet dernier de l’instauration d’un nouveau ton du dialogue social lors de la grande conférence sociale, quel bilan pourrions-nous tirer aujourd’hui alors que cette conférence a finalement accouché d’un accord national interprofessionnel dicté par les intérêts du Medef qui aura servi de trame à la loi sur la sécurisation de l’emploi dont le Parlement achève la discussion ?
D’abord un constat, le gouvernement a délibérément choisi de faire de la CFDT un interlocuteur privilégié même si c’est bien la CGT qui est in fine le premier syndicat dans le pays. Ensuite, il bouleverse la hiérarchie des normes en faisant primer l’accord sur la loi puisque les parlementaires sont enjoints de légiférer conformément à l’accord. Quant au contenu de la loi elle-même, elle est une somme de reculades qui vont permettre de sécuriser les licenciements.
« Tout ça pour ça ? » pourrait-on se demander alors que François Hollande a déjà convoqué une deuxième conférence sociale pour cet été. L’exécutif doit bien entendre que les Français ont demandé le changement, pas un toilettage de style.

mercredi 17 avril 2013

BILLET DE LA SEMAINE DE L'UGICT CGT



ENTRE MARTEAU ET ENCLUME


« Un bon cadre est impliqué. Un bon cadre applique les décisions de sa direction. Un bon cadre ne compte pas ses heures. Un bon cadre est toujours de l’avis de sa direction. Pas fatigué d’être un bon cadre ? » Que de clichés, que d’étiquettes et d’a priori ne colle-t-on pas sur le dos des cadres. Tant et si bien d’ailleurs que parfois on dénie aux cadres tout esprit critique. Hélas, ni les sondages, ni les mobilisations interprofessionnelles ou d’entreprises en lutte, ne viennent corroborer ces clichés.                                                                                            
C’est donc pour en finir avec les idées reçues et surtout les alerter sur la situation devenue critique pour les salariés de l’encadrement, pour inviter les cadres à réagir, à se syndiquer que la « CGT des cadres », l’UGICT, vient de lancer une campagne publicitaire à paraître dans la presse magazine et quotidienne lue par les cadres.
Pris entre le marteau et l’enclume, les cadres font l’objet d’une pression de plus en plus forte des directions. D’autant plus forte que la crise s’approfondit et qu’on attend d’eux d’atteindre des objectifs de rendements croissants, de relayer des décisions destructrices sur le plan économique et humain, d’être hautement qualifiés mais d’accepter des rémunérations inférieures, et le tout sans compter leurs heures.
Décérébrés, lobotomisés et dociles, les cadres ? Là encore, rien n’est plus faux. Ils sont ainsi une majorité à estimer que leur entreprise ferait mieux de donner la priorité aux salariés (contre seulement 3 % aux actionnaires). Et ils sont aussi 83 % pour affirmer que les pratiques managériales de leur entreprise ne se sont pas améliorées dans ce sens et qu’elles se sont même détériorées. Des mercenaires les cadres ? Là aussi, gardons-nous de penser qu’ils sont satisfaits de leur rémunération. D’abord, on a vu ces dernières années l’encadrement s’impliquer dans des mobilisations lors de négociations annuelles obligatoires pour rejeter de plus en plus souvent l’individualisation des salaires. Ils sont aujourd’hui 40 et 50 % à estimer que désormais leur rémunération n’est à la hauteur ni de leur qualification, ni de leur temps de travail réel, ni de leur charge de travail ou de leur implication.
La force de cette campagne tient à la sobriété et à la violence de ces constats appliqués sur le dos de silhouettes noire en contre jour, mais aussi à son financement. Elle commence par le biais du net sur une plateforme de financement contributif en ligne http://www.masstomass.com qui permet aux internautes d’en prendre connaissance, de la diffuser autour d’eux, la soutenir en contribuant à son financement. Plus chacun en assure la diffusion, plus les contributions financières permettront à cette campagne de briser le silence médiatique qui nourrit les clichés

lundi 11 mars 2013

UN PROJET DE LOI AU RISQUE DE DÉCEVOIR

Les 175 manifestations et rassemblements qui ont mobilisé plus de 200 000 salariés actifs, retraités et privés d’emploi le 5 mars ont clairement indiqué au MEDEF, au gouvernement et aux parlementaires le refus de la précarité, de la flexibilité, du chômage et des bas salaires. Avec la CGT, FO, la FSU, Solidaires, les manifestants ont porté l’exigence d’une véritable sécurisation de l’emploi, c'est-à-dire l'inverse de ce que contient in fine le projet de loi du gouvernement qui transcrit l'accord national interprofessionnel du 11 janvier.
« Moins de droits pour les salariés, plus de liberté de licencier pour les employeurs : c’est non ! » ont proclamé les manifestants. François Hollande, Jean-Marc Ayrault devraient être plus attentifs au message qui leur a été adressé. L'exécutif devrait se souvenir que les Français ont voté moins pour en finir avec un style de gouvernement que pour mettre un terme à une politique antisociale qui fait payer la crise à ceux qui en sont les premières victimes.
Le contexte de crise économique et sociale vécu durement par des milliers de salariés, exige une véritable politique sociale, plus de sécurité et de garantie dans les parcours professionnels, de nouveaux droits pour intervenir dans les choix des entreprises, orienter les richesses vers les investissements, la formation professionnelle, l’emploi et les salaires. C'est ce message que l'exécutif doit entendre plutôt que la rhétorique patronale.
A défaut, François Hollande prend le risque très lourd de décevoir et de renforcer l'idée qu'il n'y aurait rien à attendre du politique. Il prend aussi le risque d'amplifier la désespérance sociale.
Dans ce moment très important, la CGT va poursuivre sa campagne d’information et de mobilisation en vue du prochain débat parlementaire en avril pour gagner des mesures favorables aux salariés. Elle mène ce travail en même temps qu'elle va informer et mobiliser les salariés actifs sur les enjeux des négociations sur les retraites complémentaires.
Publié le lundi, 11 mars 2013 dans Billets de la semaine du site UGICT-CGT

mardi 5 mars 2013

UNE SEMAINE DÉCISIVE



C'est peu dire que la semaine qui commence est importante en raison d'un agenda social aux enjeux très lourds. C'est en effet mercredi que le gouvernement présente son projet de loi sur la sécurisation de l'emploi tandis que la veille, la CGT, FO, Solidaires et la FSU ainsi que d'autres mouvements auront mobilisé pour contrer un texte dicté par le Medef et cosigné par trois syndicats qui ne représentent en aucun cas une majorité de salariés. Plus de170 manifestations et rassemblements seront organisés dans le pays

Ce sera donc une semaine test. D'abord pour le syndicalisme qui doit ici, dans cette séquence lourde d'enjeux, faire la démonstration de sa capacité à surmonter ses divergences pour rassembler sur l'essentiel. Ensuite pour le gouvernement qui prend le risque de tourner le dos aux promesses de changement social de François Hollande. En transcrivant le texte de l'accord national interprofessionnel du 11 janvier, il affaiblit les garanties collectives et individuelles des salariés face au licenciement, il rend plus difficile l'accès à la justice et amnistie de fait très largement le patronat de toutes ses contraventions au droit du travail. Loin de donner de nouveaux droits aux représentants des salariés pour défendre l’emploi, il les cantonne à la seule négociation des primes à la valise. De plus il va encore aggraver la situation des salariés à temps partiel, dont la plupart sont des femmes... Ironie du calendrier à deux jours du 8 mars.
Le secrétaire général de la CGT a prévenu mercredi que la confédération pourrait se tourner vers les juridictions internationales car ce texte est en « infraction aux normes internationales du travail ». Les dispositions sur les licenciements contreviennent à la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) et celles sur la mobilité des salariés à la charte des droits sociaux fondamentaux. « Si (ses) dispositions principales restaient en l'état (...) nous aurions recours à toutes les instances nous permettant de faire valoir nos droits », a déclaré Bernard Thibault lors d'une rencontre organisée par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis)
« Nous ne le souhaitons pas mais (...) nous le ferions », a-t-il ajouté en soulignant que ce serait « un comble » que la CGT « soit amenée à traduire le gouvernement, l'Etat français, devant des juridictions internationales au motif qu'il adopterait des textes en infraction aux normes internationales du travail ». « D'un gouvernement de gauche, on peut quand même attendre autre chose que ça », a-t-il poursuivi.
Bernard Thibault a par ailleurs jugé « politiquement indéfendable » de continuer à fonctionner avec les anciennes règles de représentativité syndicale à l'occasion de cette réforme majeure du Code du travail et des normes sociales. Alors que la représentativité des syndicats doit être cette année remise à plat, sur la base -pour la première fois- d'élections professionnelles, « il semblerait qu'au ministère du Travail on attende plutôt juillet-août pour officialiser les résultats » qui « nous seront communiqués fin mars », a-t-il déclaré.
« En attendant, les règles anciennes continuent de fonctionner, et notamment des négociations de branches, dont certaines découlent de l'accord interprofessionnel, pourraient se dérouler selon les anciennes règles », a-t-il ajouté.
Faire « comme si c'était toujours le nombre de signataires qui comptait plus que leur représentativité », « c'est juridiquement juste » mais « politiquement indéfendable ».
Pour en savoir plus, voir notre dossier complet sur l'ANI du 11 janvier
Lu sur le site de L'UGICT CGT

mardi 12 février 2013

Des scribes au service du Medef



Le projet de loi doit reprendre «l'accord, tout l'accord, rien que l'accord», insiste Laurent Berger (CFDT). «Nous sommes très, très, vigilants» à ce qu'il respecte «à la virgule» le texte, prévient la présidente du Medef, Laurence Parisot, pour qui ce serait «un signe décisif donné à la démocratie sociale». Alors que la patronne des patrons et les signataires de l’accord national interprofessionnel sur l’emploi militent activement pour une transcription dans la loi fidèle et à la virgule près de leur texte par le gouvernement et les parlementaires, les deux grandes centrales opposées au texte, la CGT et FO viennent de décider de mobiliser les salariés le 5 mars. Ce n’est évidemment pas banal, tant les rapports entre nos organisations ont été marqués par la défiance ces dernières années. Pas banal non plus que nous nous retrouvions sur des choses aussi essentielles que de combattre « un mauvais accord pour les droits sociaux » parce qu’il « organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs ». Evidemment, cette position nous vaut d’être caricaturés. Elle serait une « posture » à en croire certains. Mais le combat que nous menons en ce moment est au contraire justifié par le fond de cet accord. Analysés et mis en perspective, chacun de ses articles révèle des reculs, des avancées en trompe-l’œil, des promesses soumises à de nouvelles négociations. La lourde insistance du Medef à imposer sa rédaction de la loi en dit long sur l’ampleur des avancées mises en avant pour les salariés. Laurence Parisot s’oppose ainsi à la rédaction de l’article sur la mise en place de droits rechargeables pour les chômeurs, qui serait rendue «obligatoire», alors qu'elle est conditionnée dans l'accord à la réalisation d'études d'impact préalables. En réalité, le Medef ne veut pas mettre un sou de plus dans l’assurance chômage et entend que ces droits rechargeables soient une opération blanche. Ce qui signifie en clair qu’il faudra faire plus avec moins. A terme, c’est donc un rabotage de l’indemnisation qui se profile pour tous. 
Les élus de la République ne peuvent pas être des « simples scribes au service du Medef» et «doivent bien comprendre les conséquences qu'impliquerait une transposition de l'accord dans la loi» affirme le secrétaire général de la CGT dans une interview à L'Humanité dimanche. «Des pans entiers» de l'accord «entrent en contradiction avec des normes internationales relevant soit de l'Organisation internationale du travail - les procédures de licenciement par exemple - soit de la charte des droits sociaux européens». «Je n'ose pas imaginer que cette majorité puisse produire une loi bafouant ces textes de référence» insiste Bernard Thibault.
Dans les jours à venir, la CGT va continuer le travail de pédagogie entrepris en direction des députés et du gouvernement, mais il est indispensable que ce travail soit adossé à la mobilisation des salariés.
Lu sur le site de l'UGICT CGT

lundi 28 janvier 2013

Haro sur les cols blancs




Il en va des rapports de la Cour des comptes comme des préparations d’artillerie avant l’assaut. Ils servent souvent à préparer l’opinion par des chiffres –c’est toujours incontestable n’est-ce pas les chiffres ?-  afin de lui administrer ensuite une bonne purge afin que le malade meure guéri. La semaine passée il s’est donc trouvé au détour d’un rapport traitant de la dette cumulée de l’assurance chômage (18,4 milliards d’euros en 2013), un passage pour stigmatiser l’indemnisation des cadres. Jugée trop élevée, trop généreuse et sans équivalent en Europe. Et l’on découvre avec un étonnement candide que, non tous les chômeurs ne touchent pas la même chose. Que le plafond d’indemnisation était en 2012 de 6 121,29 euros… tandis que l’allocation mensuelle moyenne était de 1 007 euros. Haro sur les cols blancs ! Sus aux privilèges ! On retourne la lorgnette pour regarder par le petit trou et l’on fait des gorges chaudes afin de justifier une réforme dont tout le monde parle depuis 20 ans. Ce coup-là, disons-le tout net, c’est de la mauvaise com, car une fois encore, on désigne un vilain coupable, on dresse une catégorie contre une autre. Mais c’est oublier un peu vite que si une poignée de très hauts cadres ont touché cette somme, l’encadrement (tous niveaux de salaires) contribue pour un tiers aux ressources de l’assurance chômage et n’en perçoit que 10 %. D’autre part, on oublie que l’Unedic fonctionne sur un mode assurantiel, c'est-à-dire que l’on est sensés percevoir à due proportion de ce que l’on a cotisé pour, « quand la bise sera venue » être indemnisé d’un préjudice. Et puis, il n’est pas si sûr que de baisser le plafond d’indemnisation n’ait pas des effets négatifs et mécaniques sur les recettes du régime. Car pour le modifier, il faut aussi modifier proportionnellement celui des cotisations. Or, parmi les chômeurs indemnisés, ceux qui avaient un salaire élevé sont très nettement moins nombreux que ceux aux rémunérations faibles.
Ce rapport de la Cour des comptes propose, et c’est là le plus important, de revoir à la baisse l’indemnisation des chômeurs. Le problème est, pour la CGT, qu’il semble recueillir « une oreille attentive du côté du gouvernement ». Cette focalisation sur une poignée de cadres à hauts salaires ne doit pas faire oublier que moins de 42 % des demandeurs d’emploi sont indemnisés par l’assurance chômage et que le niveau moyen de l’indemnisation atteint péniblement mille euros.
Lu sur le site de L'UGICT CGT 

lundi 21 janvier 2013

Accord sur le marché du travail : Et maintenant ?



La signature de l’accord sur la « sécurisation du marché du travail » a été saluée comme un grand bond en avant de la démocratie sociale et l’entrée de notre pays dans le concert de ceux où le dialogue social est un long fleuve tranquille. De la patronne du Medef à certains membres du gouvernement et de la majorité, on intime à la représentation nationale une sorte de déférence. Les députés doivent voter comme un seul homme un texte dont le gouvernement ne devrait pas changer la moindre virgule. Mais voilà, ce texte n’est pas bon pour un tas de raisons que la CGT va s’employer à expliquer aux salariés pour qu’ils se mobilisent, aux élus de la Nation pour qu’ils n’entérinent pas des mesures régressives compensées par des avancées gadgets, illusoires, des promesses dont l’application est soumise à des négociations dans les entreprises elles-mêmes ou à une application seulement en 2016. Ce texte est tout  sauf une avancée de la démocratie sociale, même s’il faut se féliciter que le gouvernement ait décidé de légiférer après que patrons et syndicats de salariés aient dit leur mot. En effet, il est signé par trois syndicats, dont l’un ne sera probablement plus considéré comme représentatif dans quelques semaines, l’autre ne peut parler que pour une seule catégorie, l’encadrement. Reste une seule signature légitime tandis que celles de la CGT et de FO pèsent près de 50%.
Transcrire ce texte dans ces conditions, c’est donc prendre un très gros risque. Ensuite ce texte bouleverse la hiérarchie des normes sociales dans notre pays fondée sur des conventions collectives de branche. Or, dans beaucoup des aspects du texte de l’accord, les décisions devront être négociées dans les entreprises. Les patrons auront donc les coudées franches, d’autant que certaines clauses feront aussi l’objet de consultation individuelle des salariés.
Autrement dit, demain, votre employeur pourra tranquillement exiger de vous que vous renonciez à telle ou telle garantie ou tel aspect de vos conditions d’emploi et de travail, c’est le règne de « l’opt out ». Cet accord scelle le principe du gré à gré dans les rapports sociaux au détriment des conventions collectives. L’autre raison qui plaide pour une réécriture du texte par la représentation nationale et le gouvernement c’est que ce ne sont pas les « partenaires sociaux » qui font la loi.
Le texte ne répond pas à la feuille de route du gouvernement livrée lors de la conférence sociale. La CGT va en faire la démonstration dans les jours qui viennent en distribuant deux millions d’un journal de quatre pages, en mobilisant ses forces militantes pour aller expliquer le texte aux députés de la majorité et leur en montrer toute la nocivité.
Le rejet de la CGT n’est pas dicté par une quelconque posture, il se fonde sur une analyse lucide du contenu de cet accord.
Lusur le site de UGICT-CGT

lundi 14 janvier 2013

Mariage pour tous et précarité pour chacun

Pas question d’opposer dans notre esprit les avancées sociétales et les questions économiques et sociales, mais il faut tout de même reconnaître et regretter que le sujet ô combien important du mariage pour tous a fait passer en arrière plan le résultat calamiteux de la négociation sur la réforme du marché du travail.
Dès le départ, le Medef n’a eu de cesse d’obtenir de plus grandes facilités de licenciements et une plus grande sécurité juridique pour se débarrasser des salariés, tandis que le gouvernement avait donné une feuille de route qui impliquait plus de sécurité pour les salariés. In fine, c’est le patronat qui sort grand gagnant de ce qu’il faut bien appeler un marché de dupes. Et la question est grave, car il se trouve des syndicats, non seulement pour signer, mais aussi pour tourner le dos aux aspirations des salariés exprimés lors des dernières échéances politiques, mais aussi au travers d’une série de sondages récents.
C’est ainsi que dans la même semaine, deux enquêtes ont relevé que 55% des Français considèrent qu'il n'est pas justifié de demander aux salariés d'accepter une baisse de leur salaire ou de renoncer à des heures ou des jours de RTT dans les entreprises en difficulté. Dans une autre enquête, on apprend que près des trois-quarts des Français sont opposés à la suppression du CDI estimant que cela "ne ferait que mettre dans la même précarité les salariés en CDI et les salariés en CDD ou en intérim sans apporter aucun bénéfice aux salariés précaires et aux chômeurs". La suppression est rejetée par 72% des personnes à revenus supérieurs (CSP+). Une majorité des sondés (56%) pense que pour améliorer la situation de l’emploi "il faut d’abord protéger les emplois existants et empêcher les entreprises de licencier facilement".
Les mêmes syndicats qui avaient avalisé sous Sarkozy le principe de la rupture conventionnelle vont apposer leur paraphe au bas d’un accord qui fragilise encore plus les salariés en contrepartie de bien maigres avancées. Le gouvernement aurait tort de laisser croire comme l’a fait Marisol Touraine ce dimanche que cet accord est la marque d’un dialogue social apaisé et que le gouvernement et les parlementaires se doivent de respecter le dialogue social au point de se contenter de transcrire l’accord dans la loi.
Cet accord est d’ores et déjà fragilisé car il ne répond pas à la commande initiale, il est contraire aux souhaits des salariés et il n’est signé que par trois syndicats dont deux ne sauraient parler au nom de tous les travailleurs. Le gouvernement et sa majorité ne doivent pas entériner ce texte.
La CGT ne laissera pas faire et va ferrailler toutes ces prochaines semaines, non pas pour que rien ne change, mais pour obtenir par la loi des nouveaux droits et une meilleure protection.
lu sur le site de l'UGICT CGT

lundi 7 janvier 2013

Après la bûche, les embûches


On va très vite rentrer « dans le dur » en cette reprise de janvier car c’est le 10 que doivent reprendre les négociations entre le patronat et les syndicats sur une réforme du marché du travail. Une négociation qui se fait sous pression. D’abord celle de la situation de crise dont le Medef veut pouvoir profiter pour restructurer à sa main le tissu industriel et tailler en pièces les garanties collectives jugées trop protectrices et contre-performantes. Ensuite la pression du gouvernement qui a été demandeur de cette négociation qui doit précéder à une traduction législative au printemps, dans la foulée de la Conférence sociale de juillet dernier. Enfin, sous une pression de l’opinion car c’est massivement que les Français ont exprimé le souhait de changements positifs tournant le dos aux choix libéraux à l’œuvre sous Sarkozy.
D’ailleurs, à la rentrée dernière, la CGT avait fait réaliser une enquête par l’institut Harris qui révélait une large adhésion aux propositions que porte la CGT dans les négociations engagées sur la sécurisation de l’emploi, et plus largement aux solutions de nature à dynamiser l’économie française et l’emploi dans cette période de crise. Ainsi, a contrario, l’idée qu’il faut flexibiliser les contrats de travail comme le réclame à cor et à cri le patronat est rejetée par 61% des Français. 79% sont pour donner le droit aux comités d’entreprises de faire suspendre des licenciements afin de permettre l’examen de proposions alternatives, 64% pour augmenter les cotisations sociales patronales pour les emplois précaires et 62% pour moduler les cotisations sociales en fonction de leur politique en matière d’emploi et de salaires. Les propositions portant sur la nécessité d’investir davantage dans la recherche et la formation des salariés (95% d’opinions favorables) et sur le besoin de conditionner les aides accordées aux entreprises à la création d’emplois (91% d’opinions favorables) sont approuvées massivement. De même, l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui réalisent des bénéfices, fortement combattue par le patronat, recueille 73% d’opinions favorables. De ces trois pressions, il en est une qui manifestement est encore insuffisante, celle des premiers concernés : les salariés. Il est de la responsabilité des organisations syndicales, non pas de céder à la tentation d’un « accord historique » qui s’annonce comme une somme de nouveaux reculs, mais bien de faire grandir le rapport des forces pour peser non seulement sur le Medef dans cette négociation, mais au-delà, accord ou pas, sur le gouvernement et la représentation nationale pour obtenir qu’ils n’avalisent pas des mesures prônées par les employeurs et qu’ils imposent par la loi ce qui n’aura pas été obtenu dans les négociations. La partie promet d’être serrée.
Lu sur le site de l'UGICT-CGT

mardi 18 décembre 2012

Qualité de vie au travail





La CGT avance des propositions

C'est ce 21 décembre que patronat et syndicats se retrouveront pour une négociation sur les thèmes de la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle. L'enjeu est de taille car le « mal-travail » a de très fortes conséquences sociales mais on peut aussi affirmer qu'il a un impact négatif sur l'économie du pays et sur la performance des entreprises et des services public. Pour la CGT et son UGICT, il est temps que le travail, son contenu, sa rémunération soient débattus et négociés dans les entreprises. La CGT aborde donc ces négociations avec sérieux et elle y versera le 21 décembre une série de propositions. Elle propose, notamment que la Qualité de vie au travail soit conçue comme un état « perçu individuellement et collectivement qui englobe l’ambiance, l’ergonomie, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, le degré d’implication et de responsabilisation, l’équité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation des acquis professionnels et personnels par une formation qualifiante et une évolution de carrière. La qualité de vie au travail engage l’appartenance du salarié à un collectif comme lieu de dialogue professionnel, de formation, d’une identité et de respect des acquis collectifs. Ainsi conçue, la qualité de vie au travail désigne et regroupe les dispositions récurrentes abordant notamment les organisations du travail comme facteur de l’amélioration des conditions de travail et de vie pour les salariés et les autres objectifs et contraintes de sa gestion, l’ensemble constituant la performance collective de l’entreprise. Elle est un des éléments constitutifs d’une responsabilité sociale d’entreprise assumée. Sa définition, sa conduite et son évaluation sont des enjeux qui doivent être placés au cœur du dialogue social. »
Lu sur le site de l'UGICT CGT 

lundi 17 décembre 2012

Négociations AGIRC et ARRCO : obligeons le Medef à accroître les ressources des régimes !




Quels sont les enjeux ?


En moyenne les régimes de retraite complémentaire AGIRC et ARRCO versent aux cadres et assimilés du secteur privé  respectivement 40 et 20 % de leur retraite totale, le reste leur étant fourni par le régime de base de la Sécurité sociale. Les non-cadres perçoivent de l’ARRCO et de la Sécurité sociale respectivement 40  et 60 % de leur retraite totale. 

L’augmentation du nombre de retraités et de leur espérance de vie crée un besoin de financement que le Medef refuse depuis près de 10 ans de prendre en considération.

Mais l’équation est simple : tout refus d’équilibrer les régimes de retraite par des augmentations de ressources implique une baisse du niveau des prestations. 


Pour les actifs, ce serait à l’horizon 2040 un décrochage majeur du niveau de leur retraite : en persistant  dans cette voie, pensions de base et complémentaires additionnées ne représenteraient plus en moyenne qu’au plus 45 %  du salaire brut de fin de carrière.


Pour les retraités, sur la base du maintien d’une indexation des pensions liquidées sur l’évolution des prix, c’est au bout de 20 ans un décrochage de 26 % du pouvoir d’achat des retraites par rapport au pouvoir d’achat des salaires. En effet, les salaires augmentent en moyenne annuelle d’au moins 1,5 point de plus que les prix. Autant dire que nombre de nouveaux retraités passeraient en-dessous du seuil de pauvreté (60 % du salaire médian, soit 964 euros mensuels) !


Pourtant le Medef propose d’ériger en principe le gel des ressources des régimes de retraite. Ainsi refuse-t-il toute augmentation de l’assiette et du taux des cotisations.


Le premier volet de ses propositions concerne la valeur du point de retraite qui détermine à la fois le niveau des droits des retraités et des actifs.


L’indexation sur les prix ne permettant pas d’équilibrer les régimes, le Medef propose de faire encore moins, … en sous-indexant les pensions et les droits en cours de constitution de 1 point par rapport aux prix pendant 5 ans ou en opérant purement et simplement leur gel pendant 3 ans !

Comme ces mesures ne suffisent pas, il propose en outre une baisse du taux de la réversion des pensions qui passerait de 60 % à 54 % ainsi qu’un alignement sur  l’AGIRC de l’âge de la réversion qui serait ainsi reporté à l’ARRCO de 55 ans à 60 ans !


Enfin les allocations servies avant l’âge de 65 ans, progressivement relevé à 67 ans par la réforme Sarkozy, subiraient un abattement de 10 % sur la partie financée par le dispositif AGFF, précisément conçu pour financer une retraite complémentaire complète avant 65 et à terme 67 ans, dès lors que l’on a le taux plein dans son régime de base.


Concrètement, une personne liquidant une retraite pleine et entière à 62 ans dans le régime de base de la Sécurité sociale devrait attendre 67 ans pour percevoir sans abattement ses pensions complémentaires.


Ce précédent, s’il faisait l’objet d’un accord, inciterait le législateur, également tenté par un équilibrage des régimes de retraite à taux et assiettes de cotisations constants, à un recul du droit à retraite à 67 ans !


Enfin, le Medef ne consentirait à faire cesser le scandale du versement trimestriel des cotisations pourtant prélevées mensuellement sur nos salaires qu’à partir de 2017 ! 



Bref, il continuerait à soigner la trésorerie des entreprises sur le dos des salariés et des retraités pendant 4 années supplémentaires. Pourtant, le versement immédiat de ces cotisations, en réduisant le besoin de trésorerie de l’AGIRC et de l’ARRCO, permettrait de dégager 9,8 milliards d’euros de plus pour financer nos retraites !

Financer la répartition, c’est pourtant possible !


En même temps qu’il refuse de financer les régimes de retraite obligatoires et solidaires, le Medef invite les salariés à épargner pour leurs vieux jours sur les marchés financiers, dans des dispositifs bancaires et assurantiels qui ne garantissent aucun niveau de prestation, puisqu’ils subissent tous les aléas de ces marchés. 


Or l’argent disponible pour l’épargne retraite pourrait parfaitement être affecté beaucoup plus efficacement au financement des régimes obligatoires de retraite. 



Qu’on en juge ! Les banquiers nous invitent à épargner pendant 30 ans 8 % de nos salaires pour espérer compenser (les risques de retournement des marchés financiers sont supportés par les salariés) une baisse de 10 points du taux de remplacement des salaires par les pensions. La baisse anticipée étant d’au moins 20 points à l’horizon 2040, il faudrait donc épargner chaque année pendant 30 ans 16 % de son salaire : mission impossible !


Par contre, en ne procédant que par des augmentations de cotisation, donc sans mettre à contribution les quelque 265 milliards d’euros de revenus financiers perçus chaque année par les entreprises, il suffirait d’augmenter sur la même période de 0,2 et 0,3 point par an les parts dites salariales et patronales des cotisations pour parvenir au même résultat. 

Et cela de manière infiniment plus sûre, car un système par répartition ne peut pas faire faillite, puisque son financement est assis sur la rémunération du travail, via les cotisations sur salaires. Et la rémunération du travail  représente au minimum 60 % du  produit intérieur brut, c’est-à-dire de la richesse nationale créée par le travail. 


Si aucun système par répartition n’a jamais fait faillite, a contrario nombreux sont les systèmes d’épargne qui ont fait faillite : fonds de pension britanniques, américains, chiliens, argentins, etc.


Pour financer nos régimes de retraite, l’augmentation de l’assiette et du taux des cotisations est donc le choix le plus efficace, le plus sûr et le moins onéreux.

Lu sur le cite de l'UGICT CGT 

lundi 10 décembre 2012

Florange : Une morale d'acier


Comment s'étonner que 75% des Français estiment, dans un sondage, que Mittal est sorti gagnant dans ce pseudo accord passé avec Matignon? Tout dans cette affaire donne le sentiment d'une capitulation. Jean-Marc Ayrault allant jusqu'à désavouer son propre ministre du Redressement productif, condamné à faire la potiche dans une réunion entre les syndicats d’Arcelor-Mittal  Florange et le gouvernement pour leur dévoiler le quasi chèque en blanc accordé à ce patron dont on connaît la valeur de la parole. Bien des choses sont graves et préoccupantes pour la suite. D'abord, parce que le gouvernement renonce à nationaliser, donc à assurer son rôle de pilotage économique. Il le fait alors même que son prédécesseur a su le faire pour Alsthom et alors même que certains pays n'ont pas hésité à nationaliser certaines banques lors de la crise de 2008. Aujourd'hui, Baroin, l'ancien ministre sarkozyste a beau jeu de dire qu'il avait envisagé cette option. C'est donc ce gouvernement qui s'est privé de ce qui est historiquement un marqueur fort d'une politique de gauche, la droite et les libéraux n'en usant en général que pour mutualiser les pertes et faire payer le redressement d'une entreprise à la collectivité nationale.
Par ailleurs cette affaire est calamiteuse du point de vue politique car elle alimente la désespérance sociale, elle appauvrit notre potentiel économique et d'autre part, elle atteste d'un total abandon de l'Etat face aux forces obscures du capitalisme mondialisé incarné par ce patron indien. De quoi donner du miel aux nationalistes de tout poil. La fifille à papa Le Pen aura beau jeu d'aller récolter les fruits de cette désespérance. On n'a donc pas fini de subir les répliques de ce séisme social qui n'ébranle pas que la vallée de la Fensch. Sarkozy a eu son Grandrange avec les roulements d'épaules et ses promesses en flanelle. Hollande n'aura pas tardé à faire en sorte de traîner un boulet en acier spécial. Pourtant il a toutes les cartes en mains. Et il ne faudra pas s'étonner que les sidérurgistes de Florange ne baissent pas les armes.
lu sur site de l'UGICT CGT

lundi 26 novembre 2012

Monseigneur est bon prince…




60 ans à taux plein

« Une grande partie de l’effort doit porter sur les prestations » : c’est par ces mots que la délégation patronale a entamé la présentation de ses propositions pour les régimes Arrco et Agirc à l’occasion de l’ouverture des négociations. Prétextant de la situation financière dégradée des régimes, le Medef a clairement annoncé la couleur. Il a d’ailleurs indiqué que les dispositions avancées étaient « peu plaisantes »… Quelle élégance ! On est tellement habitué à entendre ces bons seigneurs nous parler d’accords « gagnant-gagnant » que pour une fois on est bouleversé par tant de franchise.
La mesure phare consisterait en un gel des pensions pendant 3 années ou une sous-indexation (1 point en dessous de l’inflation) pendant cinq ans. Dans les deux cas, la perte de pouvoir d’achat s’élèverait à environ 6 %, en supposant une inflation moyenne de 2 %. D’autres mesures sont également évoquées, en particulier pour durcir les conditions d’accès à la réversion.
Par ailleurs, le Medef envisage une autre mesure consistant en un abattement de 10 % sur la part AGFF pour les salariés n’ayant pas atteint l’âge d’annulation de la décote, soit 65 ans porté progressivement à 67 ans et jusqu’à cet âge. Derrière cette mesure très compliquée pour les non initiés se profile bel et bien une baisse supplémentaire de la pension. 
Compte tenu du caractère très régressif des dispositions proposées par la délégation patronale, la CGT a proposé de suspendre la séance pour un retour vers ses instances. Le Medef a refusé. La CGT a donc décidé de quitter la séance, se refusant à engager les discussions sur de telles bases.
Des dispositions sont d’ores et déjà prises pour informer les salariés et les retraités de la situation.
Il apparaît très clairement que seule la mobilisation des salariés et des retraités permettra d’engager les discussions sur de toutes autres bases, plus conformes à leurs intérêts.

Lu sur le site internet de l'UGUCT CGT


mercredi 18 juillet 2012

Après la conférence sociale


Une feuille de route, mais tout reste à construire

La « Grande conférence sociale » qui a réuni les 9 et 10 juillet l’exécutif, les organisations syndicales et le patronat marque un tournant important. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont affirmé vouloir faire du dialogue social leur marque de fabrique. Incontestablement, le ton a changé par rapport à ce que nous avons connu durant cinq années de sarkozisme mais aussi avec Jacques Chirac. Nous sortons d’années de véritable viol du dialogue social durant lesquelles les syndicats n’étaient convoqués que pour l’affichage.

Il reste de ces deux jours une « feuille de route sociale » tracée par le Premier ministre qui va ouvrir toute une série de négociations sur des sujets cruciaux, aux termes desquelles des décisions législatives seront adoptées.

C’est donc sur les prochains mois que nous allons pouvoir juger non seulement de la manière mais aussi du contenu. Mais d’ores et déjà on peut se réjouir que des sujets comme une remise à plat des dispositifs d’aides publiques (180 milliards d’euros) soient à l’agenda social. On aura pu remarquer que les positions patronales n’ont pas varié d’un iota et que Laurence Parisot continue à s’exprimer et revendiquer comme si les Français n’avaient rien dit lors des dernières élections. Allègement du coût du travail, flexibilité et autres remises en cause du Code du travail continuent à lui servir de boussole.


Reste que cette conférence est restée au milieu du gué en ne répondant pas à des urgences sociales qui n’ont pas tardé à se rappeler aux bons souvenirs. Ainsi, après avoir soigneusement retardé les annonces fatales, le groupe PSA a annoncé dès le lendemain de la conférence sociale plus de 8000 suppressions d’emplois. Face à de tels séismes la formule Sarkozy consistant à se fâcher pour la forme et à houspiller les patrons a fait long feu et les Français ont décidé de tourner cette page. Le gouvernement n’est pas totalement désarmé face à ces annonces. Il ne peut pas d’un côté reconnaître que les patrons et les actionnaires de la filière automobile se comportent comme des gougnafiers alors qu’ils ont revendiqué et encaissé des milliards d’euros d’aides de toutes sortes et de l’autre laisser mettre plus de 8000 salariés au chômage tandis que ceux qui resteront vont se tuer au boulot. La situation appelle des décisions urgentes permettant aux salariés et à leurs représentants de suspendre les plans « sociaux » et les restructurations et des décisions de plus long terme en matière de politique industrielle.

jeudi 3 mai 2012

Les chiens aboient… les manifs passent

Cette dernière semaine, nous aurons vu François Fillon jouer les pompiers et demander d'éviter "toutes les remarques désagréables" sur les syndicats après avoir justifié sur tous les plateaux la prétendue « maladresse » de Nicolas Sarkozy sur le « vrai travail ». On aura vu Xavier Bertrand, déclarer "priorité au dialogue social, mais ce n'est pas une fin en soi"… Mais monsieur le futur ex-ministre du Travail, durant 5 ans, ça n’a été ni une fin en soi, ni même le début du dialogue avec les forces sociales !

Ce quinquennat se termine comme il s’est déroulé : un salmigondis  d’insultes, de contournements, de consultations bilatérales pour éviter de négocier, d’intoxication de l’opinion, de répression des manifestations, de diktats imposés aux négociations et pour couronner le tout, de réformes imposées contre la rue. La multiplication des injures à l’endroit de la CGT à qui Sarkozy ne pardonne pas d’avoir appelé à sa possible –et tant espérée- défaite montre à quel point ce gouvernement et son champion sont aux abois. Cet édito est, nous l’espérons, le dernier de cet ère si funeste pour les droits des salariés. Mais nous savons et nous affirmons que quel que soit le résultat du second tour, la CGT, son organisation spécifique des ingénieurs, cadres, techniciens et professions intermédiaires, seront toujours là le 7 mai pour porter les revendications des salariés, des privés d’emploi, des retraités, des jeunes.

Nous savons que Laurence Parisot, la patronne des patrons entend travailler avec le prochain président. Nous ferons en sorte que ses rêves les plus fous ne soient pas exaucés.
Les centaines de manifestations du 1er mai ont rassemblé des centaines de milliers de personnes sur des bases profondément revendicatives et syndicales.

 Qu’elles aient été porteuses d’espérance de changement, de solidarité internationaliste, de révolte contre le flirt honteux avec l’extrême droite de la fille à papa est une donnée forte de ce 1er mai pas comme les autres. Reste dans quelques jours à faire notre travail de citoyen. Ensuite, il y aura toujours des emplois et des usines à sauver, des services publics à reconquérir. Et nous aurons toujours besoin du syndicalisme…

mardi 17 avril 2012

GPEC Attention, danger

Dans de nombreuses entreprises, la mode de la GPEC agressive se répand. Sous un vocable séduisant (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences), c’est en réalité un piège qui se tend. En effet, les entreprises s’en servent désormais surtout pour supprimer des postes dans des services où la charge serait « en baisse », alors que l’outil avait été initialement prévu pour éviter les licenciements. Le tout se fait au volontariat, pour éviter d’avoir à mener un vrai PSE, plus coûteux pour les entreprises.
Chaque salarié doit s’interroger sur la nature réelle de ce nouvel objet juridique, et ne pas se laisser tromper par son nom attractif. Il faut y voir un moyen pour les entreprises de se séparer plus rapidement et à moindre coût de ses salariés.

On peut lire dans l’édition du 11 avril 2012 du Midi Libre, un article intitulé « IBM : un plan social avant de délocaliser ». On y apprend que le syndicat CGT d’IBM Montpellier a fait  condamner sa direction en référé car cette dernière tentait d’utiliser l’outil GPEC au lieu d’un PSE, plus contraignant, avant de délocaliser une partie de ses activités à Singapour. La direction souhaitait inscrire dans la GPEC de l’entreprise l’activité de fabrication des ordinateurs haut de gamme, soit disant « en décroissance » de 66 postes, pour les délocaliser en Asie. Tout en reclassant les salariés concernés sur d’autres postes sur le site.  Le Tribunal de Grande Instance de Montpellier a conclu que la démarche d’IBM ne pouvait se faire que dans le cadre d’un PSE, plus favorable aux salariés de l’Etablissement.

Cette affaire montre les enjeux en présence. En faisant requalifi er la GPEC en PSE, la CGT d’IBM a pu contester le projet industriel de délocalisation de l’activité de fabrication des ordinateurs haut de gamme. Cette démarche doit faire réfl échir chaque salarié, car très souvent, un PSE nous est bien plus favorable qu’une GPEC telle qu’elle est utilisé aujourd’hui. En effet, si un PSE est non seulement un processus bien maîtrisé par les syndicats, il leur permet en plus de contraindre leurs directions à justifier économiquement ses choix et à financer les reclassements et les départs volontaires.

Rappelons que toute entreprise doit proposer un accord de GPEC tous les 3 ans depuis la loi de 2005. Son objectif, ainsi qu’il est indiqué dans le code du travail, est de permettre aux salariés de rester dans l’emploi, grâce à une gestion prévisionnelle de l’évolution à venir des compétences dans l’entreprise. La formation professionnelle, le DIF, la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), les bilans de compétences, etc, doivent permettre d’ajuster les qualifi cations des salariés aux besoins de l’entreprise. Ceci est particulièrement vrai pour les salariés âgés. Or on le voit de plus en plus, les accords de GPEC agressifs proposés par les entreprises dévoient l’esprit de cette loi pour être en réalité des sortes de PSE sans licenciements secs, et sans les contraintes légales attachées. La GPEC devait éviter les licenciements, les entreprises l’utilisent pour faire partir les salariés et réduire l’activité.

Lorsqu’une entreprise utilise cette sorte de GPEC, c’est qu’elle ne souhaite pas forcément licencier des salariés, mais cherche à les faire partir « au volontariat ». Le PSE est plus contraignant car la loi et les Conventions Collectives défi nissent assez précisément des seuils financiers pour le départ de salariés. Le Comité d’Entreprise bénéficie aussi, dans le cas d’un PSE, d’armes plus puissantes pour lutter contre les réductions de postes. En particulier, l’arme de l’information-consultation lui permet de faire durer la procédure le cas échéant pour s’organiser et faire des contre-propositions.

Un des inconvénients de cette GPEC dévoyée, est aussi que les services « en baisse d’activité » sont explicitement ciblés. Les salariés des autres services non-affectés ont ainsi plus de mal à se sentir solidaires de ceux qui sont dans le collimateur. Alors que dans le cas du PSE, tous les salariés sont touchés potentiellement, soit par le risque de licenciement du fait des critères sociaux, soit par l’appel au volontariat sur des domaines d’activité beaucoup plus larges pour quitter la société avec un petit pécule, laissé au libre arbitre de la direction.

Les mesures d’âge n’ont pas non plus le même statut dans une GPEC et dans un PSE. L’explosion du chômage des séniors avait d’ailleurs contraint le gouvernement en 2009 à taxer ces départs en retraite anticipée ou en préretraite, pour éviter que cette population de salariés soit utilisée comme « variable d’ajustement de la masse salariale ».

Car c’est bien de cela qu’il s’agit.
N’oublions pas non plus que le «volontariat», en cette période de crise, se traduit souvent pas des pressions individuelles intolérables sur certains salariés, ou certaines catégories de salariés. La mobilité professionnelle n’étant pas, en la période actuelle, l’aspiration première des salariés de notre pays étant donnée la situation désastreuse de l’emploi, le volontariat n’est donc pas toujours facile à obtenir.

mercredi 11 avril 2012

Laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes

Plombé par un bilan calamiteux et à la peine pour mobiliser les suffrages sur son projet d’austérité et de régression sociale, le chef de l’Etat, candidat à sa succession, a choisi de « droitiser » son discours. Il tente de faire les poches du Front national et ne pas désespérer Neuilly. La semaine dernière Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à tenter de ressusciter la peur du rouge en accusant de façon mensongère au micro de Jean-Michel Apathie, le secrétaire général de la CGT d’être membre du Bureau politique du Parti communiste. Repris par le journaliste de RTL qui mettait en doute ses propos, Nicolas Sarkozy en a remis une couche en affirmant que tout le monde connaît les liens étroits entre le PCF et la CGT.

Nicolas Sarkozy et ses lieutenants tentent de faire croire que la CGT prendrait ses ordres ailleurs qu'en son sein et ferait de la politique et non du syndicalisme; c'est pour eux le moyen de faire oublier le rôle majeur joué par la CGT dans la mobilisation contre la réforme des retraites en 2010. Nous avions dit à l’époque que si la réforme était passée, le président et son gouvernement avaient perdu la bataille de l’opinion. C’est cette défaite qui leur reste en travers de la gorge. A l’heure d’un bilan, la CGT, mais pas qu’elle, a l’intention de peser dans le débat. Pas pour faire élire un tel ou un tel, mais clairement pour nous préserver de cinq nouvelles années sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Nous sommes dans notre rôle quand nous faisons ce bilan, quand nous rappelons quel viol permanent le dialogue social a subi durant cinq ans, quand nous mettons en garde contre ce qui se prépare et quand nous persévérons à porter dans le débat public des exigences de progrès social.
A cela s'ajoute l’hypocrisie de Laurence Parisot qui après avoir fait clairement le choix de Nicolas Sarkozy avant son élection vient nous expliquer comment doivent se comporter des syndicalistes. A la veille de l’entrée en campagne de Sarkozy elle a déroulé une feuille de route faite de dérégulations sociales. Rien de ce qui a été entrepris pendant ces cinq ans n’est venu contrarier les revendications du Medef. Même les rodomontades de Sarkozy sur le partage de la valeur ajoutée, sur les salaires des grands patrons ou les dérives de la finance n’ont jamais fait s’étrangler la patronne des patrons. Aujourd’hui, elle affirme qu’elle travaillera avec le prochain président quel qu’il soit. Allez comprendre cette prudence de la vice-présidente d’un des poids lourds des instituts de sondage…

Le site : UGICT.fr

lundi 2 avril 2012

Chronique d’un sinistre social annoncé

Il est une information sociale qui est un peu passée inaperçue jeudi dernier. En effet, quelques semaines après le lancement tonitruant d’un nouvel opérateur en téléphonie mobile, Free, le syndicat patronal des centres d’appel a indiqué qu'il redoutait "une dégradation de la situation du secteur de la relation client à distance", estimant que "l'arrivée de Free menace jusqu'à 10.000 emplois". Ce syndicat d’employeurs juge que "l'arrivée de Free constitue une destruction de valeur considérable". "Il déstabilise les opérateurs historiques qui sont dans l'obligation d'effectuer des coupes budgétaires drastiques dont les centres d'appels sont les premiers concernés", ajoute le SP2C, qui juge "de son devoir de signaler les conséquences désastreuses en matière d'emploi".

Le terme est bien choisi : « signaler ». En fait, les patrons de ce secteur qui se distingue par un management des plus humanistes, sont en train de nous annoncer un sinistre majeur sur l’emploi. Et là, on peut et on doit se poser la question : pourquoi les pouvoirs publics ont-ils accordé une licence d’opérateur télécom à Free alors qu’il annonçait son arrivée avec des tarifs défiant toute concurrence ? Faut-il être aveugle ou complice pour ignorer que la concurrence s’exerce dans ce domaine, comme dans bien d’autres, sur la variable humaine, sur la qualité du service rendu, sur les conditions de travail. Dans cette affaire, le gouvernement est complice d’aveuglement. Les partisans de la concurrence « libre et non faussée » qui nous promettaient que le secteur des télécommunications s’épanouirait avec l’arrivée de concurrents à l’opérateur historique n’ont vraiment honte de rien. Non seulement on prend les consommateurs pour des pigeons, mais en plus, on joue avec les conditions de vie et de travail de quelques 130 à 170 000 salariés des plateformes téléphoniques et les centaines de milliers d’autres qui évoluent dans ce secteur ultra libéralisés. Free est libre comme un renard dans le poulailler. Ses concurrents et précurseurs dans ce domaine ont déjà expérimenté des méthodes de management délétère au nom de la guerre des prix. Personne ne pouvait l’ignorer. A l’époque où le nouvel arrivant cassait la baraque dans la téléphonie portable après avoir fait ses premières dents sur les offres internet, il s’est trouvé peu de journalistes pour s’interroger sur ce moins disant social. Comme si, éblouis par les phares comme un lapin sur une départementale, tout le monde avait oublié les suicides à France télécom.

Le site : UGICT.fr