Nathalie Arthaud épinglée d'étrange façon par Nathalie Saint-Criq sur France 2, Jean-Luc Mélenchon crucifié par le Nouvel Observateur... Jack Dion pourfend des médiacrates prompts à ruer dans les brancards contre ceux qui ne respectent pas leurs codes.
Soudain, sur un ton patelin, Nathalie Saint-Criq, de France 2, demanda à la candidate de Lutte Ouvrière si elle enseignait l’économie à ses élèves en développant de telles thèses. Nathalie Arthaud, qui n’est pas plus ébranlable que ne l’était Arlette Laguillier, en est restée quelques secondes interloquée.
Ses cours d’économie sont forcément des appels voilés à l’insurrection en vue de l’instauration de la dictature du prolétariat. A la limite, on se demande même s’il est acceptable de confier un poste d’enseignante à une femme de cette engeance et si elle ne devrait pas être rayée d’office des rangs de l’éducation nationale.
Un tel procès d’intention fonctionne évidemment à sens unique. Jamais on ne posera une question semblable à un quelconque professeur adepte des thèses néolibérales ou ultralibérales ou à un membre de la caste des éditocrates cumulards. Eux, par définition, savent ne pas mélanger leurs engagements de citoyens et leur profession de journalistes. Jamais on ne demandera à l’un des « experts » de la pensée unique entourant Nicolas Sarkozy ou François Hollande (ils sont parfois interchangeables) et qui envahissent les plateaux télé, s’ils peuvent prétendre à l’objectivité alors qu’ils développent les dogmes en vigueur au Medef et qu’ils sont parfois largement rétribués par des groupes privés où ils ont des fonctions diverses et variées. Jamais on ne demandera à François Langlet s’il trouve normal d’officier sur le service public tout en reprenant les obsessions ultralibérales qui lui permettent de doubler allègrement Jean-Marc Sylvestre ou Dominique Seux sur la droite.
C’est ainsi : les membres de la caste médiatico-idéologique qui (dé)font l’opinion ont toujours du mal avec ceux qui ne respectent pas les codes de leur Eglise. Ils leur prêtent forcément des intentions masquées, des arrières-pensées inavouées, et des présupposés diaboliques transformant toute esquisse de débat en procès ad hominem.
De plus, Mélenchon est toujours fasciné par Mitterrand. Il y aurait certes beaucoup à dire sur le sujet, mais aux yeux de Michel Onfray, c’est le crime suprême. En vertu de quoi ce dernier annonce qu’il glissera un vote blanc dans l’urne au premier comme au deuxième tour. Faire sonner la charge contre un Mélenchon accusé de crime anti social-démocrate par un penseur qui ne votera même pas Hollande au second tour, c’est le témoignage évident d’une rare perspicacité.
Le site : Marianne.fr










