samedi 20 novembre 2010

LA STRESS CHEZ SCHINDLER LA FARCE TRAGIQUE CONTINUE

La négociation sur le stress a été ouverte au début de l'année, à notre demande et conformément à la directive européenne. Lors de la première réunion, plusieurs groupes de travail ont été constitués de volontaires désignés par chaque organisations syndicales afin d'étudier ce grave problème. La CGC n'a pas souhaité y participer car probablement que pour elle, les cadres, chez Schindler, ne doivent pas être stressés. Ces travaux se sont achevés fin août.

Lors de la deuxième réunion, comme d'habitude, la direction ne nous a proposé que des solutions "curatives" et de "gestion" du stress, à la limite du ridicule :


Un numéro vert et un suivi psychologique.

Aucun point retenu par les différents groupes de travail n'a été repris ni même exposé. Un docteur de l'ACMS a été imposé par la direction et nous n'avons même pas eu connaissance de son avis ou de ses conclusions.

Comment soigner sans chercher les causes de la souffrance au travail ?


Leur objectif est de rejeter l'entière responsabilité sur le salarié. Lui faire admettre que, par une mauvaise gestion de son temps de travail, du matériel et des procédures, le salarié génère lui-même ce stress.


Nous savons tous que la situation de stress dans le cadre de l'entreprise est créée par nos conditions de travail. Le « bon stress » n'est qu'une légende. Il ne se "gère" pas dans le cadre du travail. Il faut une remise en cause de la politique managériale de l'entreprise.

Les cas de dépressions, de suicides, ont été reconnus dans certaines entreprises. Mais Schindler refuse d'envisager l'idée même d'être responsable de cette situation.

Le stress chez Schindler comme dans toutes les entreprises naît de l'impossibilité d'effectuer notre travail correctement.

Tous les techniciens savent qu'ils n'ont ni le temps ni les moyens de faire le travail correspondant à ce que les usagers (réduits à des clients pour les boîtes d'ascenseurs) sont en droit d'attendre tant du point de vue du fric, de la morale et de la sécurité.


Tous les techniciens savent, qu'en raison des charges et de l'organisation du travail, ils contreviennent chaque jour à des règles de sécurité. Ils savent que les appareils comportent des défauts de conception ou des dysfonctionnements dû à l'insuffisance de maintenance qui mettent en danger leur sécurité et celle des usagers.


Tous les techniciens savent qu'ils sont jugés, reconnus et payés en fonction de critères de fric, par des hiérarchiques qui de plus en plus sont totalement ignorants de la réalité de notre travail.


Dans les services commerciaux, administratifs, ce sont les charges de travail, le mépris des hiérarchiques et les mêmes incompétences dans le jugement de notre travail qui sont à l'œuvre.


Dans les bureaux d'études, il y a un « TOP 15 » avec l'objectif de réduire les temps d'études, réduire les claims et dans peu de temps réduire les effectifs.

Tout cela génère du stress.


Cette négociation s'est conclue en quelques mois sans la moindre avancée malgré deux suicides et des accidents graves ou mortels.


Ce n'est pas en mettant en place des outils supplémentaires de flicage (GPS ou dispositif dit d'homme mort) que nos conditions de travail et la sécurité vont progresser.


La CGT, suivie par les autres organisations syndicales, a refusé de s'engager sur ces solutions du numéro vert et du soutien psychologique.

Avant d'être soigné, le mal doit être dépisté et les causes identifiées et supprimées.


Nous défendrons sans concession la notion primordiale de respect du salarié et de ses conditions de travail.

Sans reconnaissance de la responsabilité de l'employeur, rien n'évoluera et les risques avec les conséquences tragiques que nous connaissons, subsisterons.

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