jeudi 18 mars 2010


la semaine économie - CAC 40, LE CRU 2010

ACTIONNAIRES TOUJOURS CHOYÉS, SALAIRES ENCORE COMPRESSÉS

Alors que 38 entreprises du Cac 40 ont annoncé leurs résultats de l'an dernier ( les deux autres ont des exercices décalés ), les conflits pour les salaires se multiplient.

Air liquide, Ikea, Saint-Gobain, Yves Saint Laurent Beauté, Thalès, Snecma, Système U... Toutes ces entreprises ont récemment fait face à des grèves et à des débrayages de leurs salariés en quête d'augmentations de salaires. Parfois, comme chez Danone, les revendications sont satisfaites. La mobilisation de 80 % des employés des sites produits frais, pendant deux jours la semaine dernière, a fait passer leurs hausse de salaires de + 1, 4 % ( proposé initialement par la direction ) à + 2 %. « Ces mouvements vont aller crescendo à mesure que se dérouleront les négociations annuelles obligatoires, prévoit Mohamed Oussedik, secrétaire confédéral CGT.

Les salariés revendiquent leur part du gâteau : les profits des entreprises du Cac 40 ont atteint, malgré la crise, plus de 49 milliards d'euros, et nous estimons que 80 milliards d'euros d'argent public ont été utilisés pour soutenir les entreprises. Seuls les salariés se sont sacrifiés. »

La saison des négociations annuelles entre les directions et les organisations syndicales coïncide avec celle de la publication des résultats financiers. Ainsi, près de la moitié des sociétés du Cac 40 ont décidé des augmentations ( entre 0, 6 et 5 % ), et une dizaine sont en négociations.

« Les réunions sont difficiles à cause de la tendance des entreprises à privilégier les parts variables des rémunérations - pas forcément pérennes - au détriment des hausses des salaires de base », remarque Gaby Bonnand, secrétaire national de la CFDT. Mais les revendications pour la préservation de l'emploi ne disparaissent pas. « Dans la plupart des entreprises, notamment les PME, la baisse des profits a été plus importante que la réduction de la masse salariale. Tous les licenciements n'ont pas encore eu lieu », prévient Karine Berger, directrice des études économiques chez Euler Hermès Sfac .

Les plus grandes entreprises françaises ont majoritairement voulu récompenser leurs actionnaires en ne sacrifiant pas le versement des dividendes - seules moins de dix d'entre elles, souvent celles dans le rouge, n'en proposeront pas à leurs assemblées générales. En moyenne, les dividendes ont baissé de 2, 3 % pendant que les bénéfices cumulés chutaient de 16, 9 %. Les actionnaires individuels semblent satisfaits, puisqu'à en croire le dernier baromètre Capitalcom, plus de la moitié d'entre eux ( 55 % ) comptant rester fidèles à l'investissement en actions.

La menace formulée une première fois en avril 2009 par le président de la République de légiférer sur le partage de la valeur ajoutée si les partenaires sociaux ne s'entendaient pas est presque restée lettre morte jusqu'à la semaine dernière. L'idée initiale d'un partage en trois tiers est abandonnée. Mais la question sera abordée lors de la négociation sur la modernisation du dialogue social et sera discutée les 8 avril et 5 mai prochains.

ANNE-SOPHIE LECHEVALLIER


Et le partage des richesses chez Schindler ?

Les actionnaires se sont partagés le 15 mars dernier environ
165 777 440 €uros.

M. Rodriguez l'a confirmé lors du forum européen aux représentants du personnel, les caisses de l'entreprise sont pleines :
environ 179 020 200 €uros.

Pour information à l'intention des salariés,
la négociation salariale est prévu le 8 avril au siège sociale à Vélizy.


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